Le volcan de Fuego, l’un des volcans les plus actifs et les plus dangereux d’Amérique centrale, est entré dans une nouvelle phase éruptive au Guatemala. Depuis le dimanche 2 août 2026, son activité s’est nettement intensifiée, entraînant l’émission d’importantes colonnes de cendres et la formation de courants pyroclastiques sur son flanc occidental.
Face à cette évolution, les autorités guatémaltèques ont renforcé la surveillance du volcan et appelé les populations voisines à la plus grande prudence.
Une activité éruptive en nette augmentation
Les premiers changements significatifs ont été détectés dans l’après-midi du dimanche 2 août. Au cours de la nuit suivante, l’Institut national de sismologie, de volcanologie, de météorologie et d’hydrologie du Guatemala, l’INSIVUMEH, a confirmé le déclenchement d’une nouvelle phase éruptive.
Le lundi 3 août à la mi-journée, cette phase intense durait depuis environ trois heures et demie. Une colonne de gaz et de cendres s’est élevée jusqu’à environ 5 000 mètres au-dessus du niveau de la mer, avant d’être poussée par les vents vers l’ouest sur une distance pouvant atteindre 40 kilomètres.
Les observations ont également confirmé la formation de courants de densité pyroclastique sur le flanc ouest du volcan. Ces phénomènes, souvent appelés coulées pyroclastiques, sont constitués de gaz brûlants, de cendres, de blocs et de fragments volcaniques dévalant les pentes à très grande vitesse.
Ils représentent le principal danger immédiat autour du Fuego.
San Pedro Yepocapa particulièrement exposée
Selon l’INSIVUMEH, les communautés situées dans la municipalité de San Pedro Yepocapa, dans le département de Chimaltenango, pourraient subir les effets les plus importants de cette nouvelle phase éruptive.
La dispersion des cendres peut affecter la qualité de l’air, contaminer les réserves d’eau, réduire la visibilité et perturber les déplacements. Une accumulation importante sur les toitures peut également provoquer des dégâts, notamment lorsque les cendres se mélangent aux pluies tropicales et deviennent beaucoup plus lourdes.
Les autorités recommandent aux habitants de protéger leurs voies respiratoires, de couvrir les réservoirs d’eau, de mettre les animaux à l’abri et de suivre exclusivement les consignes officielles de l’INSIVUMEH et de la CONRED, l’agence nationale guatémaltèque chargée de la gestion des catastrophes.
Des équipes d’urgence placées en état de préparation
La CONRED a renforcé la coordination avec les autorités départementales, municipales et communautaires. Le Guatemala se trouvait déjà sous alerte jaune nationale, correspondant à une phase de surveillance accrue et de préparation des moyens d’intervention.
Les équipes locales sont notamment chargées de vérifier les itinéraires d’évacuation, les systèmes de communication et la disponibilité des centres d’accueil.
Au moment de la publication des premiers bulletins officiels, aucune catastrophe majeure ni évacuation massive n’avait encore été annoncée. La situation reste néanmoins susceptible d’évoluer rapidement selon l’intensité de l’éruption, la direction des vents et la formation éventuelle de nouvelles coulées pyroclastiques.
Le risque supplémentaire des lahars
L’éruption intervient durant la saison des pluies au Guatemala. Cette situation augmente fortement le risque de lahars, des coulées de boue volcanique formées lorsque l’eau entraîne les cendres et les débris accumulés sur les pentes.
Ces coulées peuvent emprunter les ravins et les vallées sur plusieurs kilomètres, emporter des ponts, couper des routes et atteindre des zones éloignées du cratère.
Les autorités demandent donc à la population de ne pas rester dans les ravins, les lits de rivières ou les vallées descendant du volcan, même lorsque l’activité semble diminuer au sommet.
Un volcan constamment actif
Culminant à 3 763 mètres d’altitude, le volcan de Fuego est situé à une cinquantaine de kilomètres au sud-ouest de la capitale, Guatemala Ciudad. Il se trouve à proximité du volcan Acatenango et de la ville touristique d’Antigua Guatemala.
Ce stratovolcan appartient à la ceinture volcanique d’Amérique centrale, née de l’enfoncement de la plaque tectonique de Cocos sous la plaque des Caraïbes.
Le Fuego connaît une activité presque permanente, caractérisée par des explosions, des projections incandescentes, des émissions de cendres et de petites avalanches volcaniques. En juillet 2026, il produisait déjà plusieurs explosions par heure, avec des colonnes de cendres atteignant parfois entre 4 700 et 4 800 mètres d’altitude.
La phase actuelle se distingue toutefois par l’apparition de courants pyroclastiques, signe d’une activité plus dangereuse que les explosions ordinaires fréquemment observées sur ce volcan.
Le souvenir dramatique de l’éruption de 2018
La vigilance est particulièrement forte au Guatemala en raison de la catastrophe du 3 juin 2018. Une violente éruption avait alors produit des coulées pyroclastiques qui avaient enseveli plusieurs villages situés au sud du volcan.
La tragédie avait fait environ 200 morts selon les bilans ultérieurs, tandis que de nombreuses personnes avaient été portées disparues. Des milliers d’habitants avaient dû être évacués.
Cette catastrophe avait démontré la rapidité avec laquelle une éruption du Fuego pouvait passer d’une activité spectaculaire mais habituelle à un phénomène meurtrier.
Une éruption à suivre heure par heure
Il est encore trop tôt pour déterminer la durée et l’ampleur maximale de cette nouvelle phase éruptive. Le scénario peut aller d’une diminution progressive de l’activité à une intensification accompagnée de nouvelles coulées pyroclastiques, d’une augmentation des retombées de cendres ou de lahars.
L’INSIVUMEH maintient donc une surveillance permanente grâce à son réseau de stations sismiques, de caméras et de capteurs installés autour du volcan. De nouveaux bulletins doivent être publiés en fonction de l’évolution de l’activité.
Pour les populations voisines, la consigne essentielle reste de se tenir prêtes à évacuer rapidement si les autorités locales en donnent l’ordre. Face à une coulée pyroclastique, il n’est pas possible de fuir à pied une fois que le phénomène est engagé : l’évacuation préventive demeure la seule protection réellement efficace.
Adaptation Terra Projects
Sources principales
INSIVUMEH, bulletin et communiqué sur la nouvelle phase éruptive du volcan de Fuego, 3 août 2026.
CONRED Guatemala, recommandations et mesures de préparation face à la phase éruptive, 3 août 2026.
Smithsonian Institution, Global Volcanism Program, données générales sur le volcan de Fuego.
BFMTV, « Le volcan de Fuego est entré en éruption, le Guatemala émet une alerte danger », 4 août 2026.
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