Elles existaient bien avant nos villes, nos routes et même nos civilisations. Certaines n’ont jamais été défrichées ni exploitées de façon intensive par l’être humain. Les forêts primaires constituent aujourd’hui ce qui se rapproche le plus des grands écosystèmes forestiers naturels qui couvraient autrefois une large partie des continents.
Amazonie, bassin du Congo, forêts boréales du Canada et de Sibérie, jungles de Nouvelle-Guinée ou dernières vieilles forêts européennes : elles sont dispersées aux quatre coins du globe, mais leur superficie continue de diminuer.
Et contrairement à une idée répandue, replanter des arbres ne permet pas réellement de recréer une forêt primaire. Celle-ci est le résultat de siècles, parfois de millénaires, d’évolution écologique.

Qu’appelle-t-on exactement une forêt primaire ?
La définition peut légèrement varier selon les organismes scientifiques.
La Convention sur la diversité biologique définit généralement une forêt primaire comme une forêt qui n’a jamais été exploitée industriellement ou fortement défrichée, et dont la dynamique reste dominée par les processus naturels. Une utilisation traditionnelle limitée par des populations autochtones n’exclut donc pas nécessairement une forêt de cette catégorie.
Une forêt primaire n’est donc pas simplement une forêt contenant de très vieux arbres.
Elle constitue un écosystème complexe où les différentes générations d’arbres se succèdent naturellement. On y trouve généralement :
- de très vieux arbres ;
- des arbres jeunes poussant dans les trouées ;
- des arbres morts encore debout ;
- une grande quantité de bois mort au sol ;
- plusieurs niveaux de végétation ;
- des sols forestiers anciens ;
- des communautés complexes de champignons, insectes, oiseaux et mammifères.
Les incendies naturels, tempêtes, chutes d’arbres, maladies ou attaques d’insectes peuvent modifier localement une forêt primaire sans lui faire perdre son caractère naturel.
C’est justement cette succession permanente de destruction et de régénération qui entretient son extraordinaire diversité.
Forêt primaire et forêt ancienne : ce n’est pas exactement la même chose
Les termes sont souvent confondus.
Une forêt primaire est avant tout caractérisée par l’absence de modification humaine majeure.
Une forêt ancienne ou vieille forêt — old-growth forest en anglais — désigne généralement une forêt ayant atteint des stades très avancés de maturité écologique.
Une forêt secondaire abandonnée depuis plusieurs siècles peut donc progressivement acquérir certaines caractéristiques d’une vieille forêt sans forcément être considérée comme véritablement primaire.
En Europe, où presque toutes les forêts ont été exploitées à un moment ou à un autre de l’histoire, cette distinction est particulièrement importante. L’Union européenne a d’ailleurs publié en 2023 des lignes directrices spécifiques pour identifier, cartographier et protéger les dernières forêts primaires et anciennes du continent.

Des écosystèmes dont l’histoire remonte à près de 400 millions d’années
Les forêts telles que nous les connaissons sont évidemment beaucoup plus anciennes que l’humanité.
Les premiers véritables écosystèmes forestiers apparaissent au Dévonien, il y a environ 385 millions d’années. Des arbres primitifs comme Archaeopteris pouvaient déjà former de vastes peuplements et atteindre plusieurs dizaines de mètres de hauteur.
Cette révolution végétale a profondément transformé notre planète.
Le développement de racines profondes a accéléré l’altération des roches, modifié les sols et participé aux grands cycles géochimiques, notamment celui du carbone.
Depuis, les forêts ont traversé plusieurs extinctions massives, bouleversements climatiques, glaciations et déplacements des continents.
Les forêts primaires actuelles ne sont donc évidemment pas âgées de 385 millions d’années. Les arbres qui les constituent se renouvellent continuellement.
C’est l’écosystème forestier et sa continuité écologique qui peuvent être extrêmement anciens.

Avant l’homme, des continents largement forestiers
Pendant des millions d’années, le climat déterminait principalement la répartition des forêts.
Avec l’expansion des sociétés humaines, puis surtout de l’agriculture, de vastes surfaces ont progressivement été transformées en pâturages, terres agricoles ou zones urbaines.
En Europe notamment, plusieurs millénaires d’agriculture, d’exploitation du bois, de construction navale, de métallurgie et d’urbanisation ont presque totalement fait disparaître les grandes forêts véritablement sauvages.
Ailleurs, notamment dans certaines régions tropicales et boréales très difficiles d’accès, d’immenses ensembles ont longtemps échappé à une transformation profonde.
Ce sont eux qui constituent aujourd’hui les principaux refuges des forêts primaires.

Où subsistent les plus grandes forêts primaires ?
D’après la dernière Évaluation des ressources forestières mondiales 2025 de la FAO, les forêts primaires restent présentes sur des surfaces considérables, mais leur répartition est extrêmement inégale. La FAO estime par ailleurs que leur superficie mondiale a diminué d’environ 110 millions d’hectares entre 1990 et 2025.
1. L’Amazonie
C’est évidemment le cas le plus spectaculaire.
Le bassin amazonien s’étend principalement sur le Brésil, mais également sur le Pérou, la Colombie, la Bolivie, l’Équateur, le Venezuela, le Guyana, le Suriname et la Guyane française.
Certaines régions abritent encore des millions d’hectares de forêts tropicales dont la structure écologique reste proche de son état naturel.
L’Amazonie constitue également l’un des réservoirs de biodiversité les plus extraordinaires de la planète.
Mais élevage bovin, cultures agricoles, routes, extraction minière, exploitation forestière et incendies continuent d’en fragmenter certaines parties.

2. Le bassin du Congo
La deuxième grande région tropicale est située en Afrique centrale.
Elle concerne notamment la République démocratique du Congo, la République du Congo, le Gabon, le Cameroun, la République centrafricaine et la Guinée équatoriale.
Le bassin du Congo représente aujourd’hui le plus grand puits de carbone forestier tropical encore existant, tandis que la République démocratique du Congo possède la deuxième plus vaste superficie de forêt tropicale primaire après le Brésil.
Certaines régions demeurent extraordinairement sauvages.
Mais agriculture itinérante, bois-énergie, exploitation minière et infrastructures gagnent progressivement du terrain.

3. Canada et Alaska
Toutes les forêts primaires ne sont pas tropicales.
Les immenses forêts boréales nord-américaines comptent elles aussi parmi les plus grands espaces forestiers relativement intacts de la planète.
On y trouve notamment épicéas, sapins, pins et mélèzes sur des millions de kilomètres carrés.
Dans ces régions, l’une des menaces croissantes vient désormais du changement climatique et des incendies géants.
Les saisons 2023 à 2025 ont été particulièrement sévères au Canada. En 2025, les incendies auraient causé environ 5,3 millions d’hectares de pertes de couvert arboré canadien.

4. Sibérie et Extrême-Orient russe
La Russie possède également d’immenses ensembles boréaux.
La Sibérie orientale et l’Extrême-Orient contiennent encore de grandes régions extrêmement peu peuplées où les écosystèmes forestiers sont relativement peu fragmentés.
Certaines constituent des refuges pour des espèces emblématiques comme le tigre de Sibérie.
Comme au Canada, les incendies, les sécheresses et l’exploitation forestière représentent cependant des pressions croissantes.

5. Nouvelle-Guinée
La Nouvelle-Guinée — partagée entre l’Indonésie et la Papouasie-Nouvelle-Guinée — possède encore certaines des plus grandes forêts tropicales intactes d’Asie-Pacifique.
Son relief montagneux et l’isolement de nombreuses régions ont longtemps limité leur exploitation.
Ces forêts comptent parmi les écosystèmes biologiquement les plus riches de la planète.
Mais routes, exploitations minières, plantations et exploitation du bois progressent.
6. Bornéo et Sumatra
L’Indonésie conserve encore d’importantes forêts primaires, notamment sur Bornéo, Sumatra et dans la partie indonésienne de la Nouvelle-Guinée.
La situation s’est améliorée par rapport aux taux de destruction observés au début des années 2010 grâce à plusieurs politiques de protection.
Mais les pressions persistent.
En 2025, la perte de forêt primaire en Indonésie a augmenté d’environ 14 % par rapport à 2024, notamment sous l’effet de l’expansion agricole et minière, tout en restant nettement inférieure aux niveaux records du milieu des années 2010.

Et en Europe ?
C’est probablement ici que la situation est la plus spectaculaire historiquement.
L’Europe était autrefois en grande partie recouverte de forêts naturelles.
Mais plusieurs milliers d’années d’agriculture, de défrichements et d’exploitation du bois ont transformé presque tous ces paysages.
Il subsiste néanmoins quelques joyaux.
Les Carpates — notamment en Roumanie, Ukraine et Slovaquie — contiennent encore certaines des plus importantes vieilles forêts du continent.
On trouve également des reliques remarquables en Scandinavie, dans les Balkans et dans plusieurs régions montagneuses ou difficiles d’accès.
La célèbre forêt de Białowieża, située entre la Pologne et la Biélorussie, constitue l’un des exemples les plus emblématiques de forêt ancienne européenne.
Ces fragments sont suffisamment rares pour que l’Union européenne se soit engagée à identifier et à placer sous protection stricte les forêts primaires et anciennes encore présentes sur son territoire.

Existe-t-il encore des forêts primaires en France ?
Oui, mais elles sont extrêmement rares en métropole.
La plupart des forêts françaises ont été exploitées, coupées, pâturées ou modifiées à différentes périodes de l’histoire.
Certaines zones très difficiles d’accès dans les Alpes, les Pyrénées, le Massif central ou la Corse présentent néanmoins des caractéristiques proches de forêts subnaturelles ou anciennes.
La situation change radicalement lorsqu’on considère les territoires français d’outre-mer.
La Guyane française abrite un immense domaine amazonien dont de vastes portions présentent encore un très haut degré de naturalité.
Elle représente donc probablement le patrimoine de forêt tropicale primaire le plus important de l’Union européenne.
Pourquoi les forêts primaires sont-elles irremplaçables ?
On pourrait penser qu’il suffit de couper une forêt puis de planter autant d’arbres ailleurs.
Écologiquement, les deux opérations ne sont absolument pas équivalentes.
Une plantation de jeunes arbres peut absorber du CO₂ et produire du bois.
Mais elle ne recrée pas instantanément :
- les vieux arbres creux ;
- les microhabitats ;
- les champignons spécialisés ;
- les sols forestiers complexes ;
- les centaines d’espèces dépendantes du bois mort ;
- les réseaux racinaires ;
- les associations mycorhiziennes ;
- ou encore la diversité génétique accumulée naturellement.
Certaines structures écologiques nécessitent plusieurs siècles pour apparaître.
La Convention sur la diversité biologique souligne ainsi que toute la biodiversité forestière n’est pas nécessairement renouvelable : la disparition de forêts primaires ou de très vieilles forêts à haute intégrité peut entraîner des pertes pratiquement irréversibles à l’échelle humaine.

D’immenses réservoirs de carbone
Les vieilles forêts contiennent également des quantités considérables de carbone.
Celui-ci est stocké :
- dans les troncs ;
- dans les branches ;
- dans les racines ;
- dans le bois mort ;
- dans la litière ;
- et surtout dans certains sols forestiers.
Même une forêt très ancienne continue par ailleurs d’échanger et parfois d’accumuler du carbone.
La protection des forêts primaires représente donc une double stratégie climatique : éviter de libérer le carbone déjà stocké et préserver les mécanismes naturels permettant d’en accumuler davantage.
2024 : une année catastrophique
La situation récente montre cependant leur vulnérabilité.
L’année 2024 a été exceptionnellement destructrice pour les forêts tropicales primaires, en grande partie à cause d’immenses incendies favorisés par la sécheresse et la chaleur.

2025 : amélioration… mais pas de victoire
Les données publiées en avril 2026 apportent toutefois une bonne nouvelle.
La perte de forêt tropicale primaire a diminué de 36 % entre 2024 et 2025.
Mais cette amélioration doit être relativisée.
Environ 4,3 millions d’hectares de forêt tropicale primaire ont encore disparu en 2025, soit l’équivalent de plus de onze terrains de football chaque minute selon le World Resources Institute.
Le niveau de perte reste même environ 46 % supérieur à celui observé une décennie auparavant.
L’amélioration de 2025 provient notamment du Brésil, où les pertes de forêt primaire ont fortement diminué.
Cela montre cependant quelque chose d’intéressant : la destruction des forêts n’est pas une fatalité.
Les politiques publiques et les contrôles peuvent avoir des effets rapides.

Les grandes menaces du XXIe siècle
Plusieurs phénomènes se combinent désormais.
L’expansion agricole
Elle reste la principale cause de destruction des forêts tropicales.
Élevage bovin, soja, huile de palme, cacao, cultures commerciales ou agriculture de subsistance remplacent progressivement certaines zones forestières.
Les routes
Une route forestière paraît parfois insignifiante sur une carte.
Elle peut pourtant constituer le début d’un processus beaucoup plus vaste.
Après la route arrivent exploitation forestière, agriculture, mines et implantation humaine.
La forêt se fragmente progressivement.
L’exploitation minière
Or, cuivre, nickel, bauxite, cobalt ou autres minerais nécessaires aux économies modernes peuvent provoquer des défrichements directs mais aussi indirects en entraînant construction de routes et installation de populations.
Les incendies
Dans certaines forêts, les incendies sont naturels.
Mais leur fréquence et leur intensité augmentent dans plusieurs régions sous l’effet conjoint des activités humaines, de la sécheresse et de températures plus élevées.
En 2025, environ 42 % des 25,5 millions d’hectares de pertes mondiales de couvert arboré étaient associés aux incendies.

Le changement climatique
C’est probablement la menace la plus difficile à contrôler.
Une forêt peut être protégée contre les tronçonneuses et malgré tout être fragilisée par :
- des sécheresses répétées ;
- des vagues de chaleur ;
- de gigantesques incendies ;
- des tempêtes ;
- des parasites ;
- des maladies ;
- ou le déplacement des zones climatiques favorables aux différentes espèces.
Les forêts du futur devront donc parfois survivre dans un climat très différent de celui dans lequel elles se sont constituées.
L’Amazonie pourrait-elle atteindre un point de bascule ?
C’est l’une des grandes inquiétudes scientifiques.
La forêt amazonienne produit elle-même une partie importante de son humidité grâce à l’évapotranspiration des arbres.
Une déforestation trop importante combinée au réchauffement pourrait réduire les précipitations dans certaines régions.
Cela entraînerait davantage de sécheresse.
La sécheresse favoriserait les incendies.
Les incendies détruiraient davantage de forêt.
Un cercle vicieux pourrait alors apparaître.
Le World Resources Institute souligne que la combinaison de la déforestation et du changement climatique pourrait pousser certaines parties de l’Amazonie vers des paysages forestiers beaucoup plus dégradés, voire proches de formations de type savane.
Il ne s’agirait probablement pas d’une transformation brutale de toute l’Amazonie, mais plutôt d’une dégradation progressive de certaines régions.

Peut-on recréer une forêt primaire ?
Pas véritablement à l’échelle d’une vie humaine.
On peut restaurer une forêt.
On peut laisser repousser naturellement une zone déboisée.
Une forêt secondaire peut devenir extrêmement riche et retrouver progressivement certaines caractéristiques d’une forêt naturelle.
Mais retrouver l’ensemble des structures d’une forêt primaire demande beaucoup de temps.
Dans certains écosystèmes, plusieurs centaines d’années voire davantage peuvent être nécessaires.
C’est précisément pourquoi la conservation des forêts existantes est généralement beaucoup plus efficace que leur destruction suivie d’une hypothétique restauration.
Un arbre peut être replanté en quelques minutes.
Un écosystème vieux de plusieurs siècles ne peut pas l’être.

Quel avenir pour les forêts primaires ?
Deux scénarios sont désormais possibles.
Dans le premier, la demande mondiale en terres agricoles, en bois, en énergie et en minerais continue d’augmenter tandis que les sécheresses et incendies deviennent plus fréquents.
Les grandes forêts primaires seraient alors progressivement fragmentées en îlots isolés.
Même si la surface forestière mondiale pouvait augmenter grâce aux plantations et aux forêts secondaires, la qualité écologique globale des forêts pourrait continuer à diminuer.
Dans le second scénario, les dernières grandes zones intactes sont progressivement sanctuarisées, les droits territoriaux des peuples autochtones sont renforcés, l’agriculture progresse principalement sur les terres déjà exploitées et les forêts dégradées sont restaurées.
Les résultats enregistrés dans plusieurs pays montrent qu’une diminution rapide de la destruction reste possible lorsque les politiques sont réellement appliquées.
Mais le temps presse.
L’objectif international reste de stopper et inverser la perte des forêts d’ici 2030. Or, malgré l’amélioration observée en 2025, le niveau mondial de déforestation restait encore environ 70 % supérieur à la trajectoire nécessaire pour atteindre cet objectif.

Un patrimoine que nous ne savons pas reconstruire
Les forêts primaires sont finalement bien davantage que des concentrations d’arbres.
Ce sont des archives vivantes de l’évolution.
Dans leurs sols, leurs troncs morts, leurs champignons, leurs racines et leurs milliers d’espèces se trouvent parfois plusieurs siècles d’interactions biologiques.
Certaines sont suffisamment vastes pour influencer les précipitations régionales.
D’autres stockent d’immenses quantités de carbone.
Toutes constituent des laboratoires naturels irremplaçables permettant de comprendre comment fonctionne un écosystème forestier lorsque l’être humain ne le simplifie pas.
Et c’est peut-être là leur caractéristique la plus importante.
Nous savons planter des milliards d’arbres.
Nous savons créer des forêts de production.
Nous pouvons restaurer des écosystèmes dégradés.
Mais nous ne savons pas fabriquer une forêt primaire.
Pour en obtenir une nouvelle, il faudrait essentiellement accomplir quelque chose que nos sociétés modernes ont beaucoup de mal à accepter :
planter ou laisser pousser une forêt…
puis ne presque plus y toucher pendant plusieurs siècles.

Adaptation Terra Projects
Sources principales
FAO – Global Forest Resources Assessment 2025 : état mondial des forêts, évolution des forêts primaires et chiffres de référence. La FAO estime notamment une diminution d’environ 110 millions d’hectares de forêts primaires entre 1990 et 2025.
World Resources Institute / Global Forest Watch – Global Forest Review 2026 : pertes récentes de forêts tropicales primaires, incendies et déforestation. En 2025, environ 4,3 millions d’hectares de forêt tropicale primaire ont disparu, soit 36 % de moins qu’en 2024.
Convention sur la diversité biologique (CBD) : définition d’une forêt primaire et rôle de la biodiversité forestière.
Commission européenne – Forêts primaires et anciennes : définition, cartographie, suivi et protection stricte des dernières forêts primaires et anciennes de l’Union européenne.
Global Forest Review : données concernant les grands paysages forestiers intacts des régions boréales, notamment au Canada et en Russie/Sibérie, fortement touchés par les incendies et l’exploitation forestière
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