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Et si le monde était coupé d’internet

Une menace plane sur les câbles sous-marins qui relient les continents à Internet. Une coupure provoquerait un blackout. Ce scenario cauchemardesque est envisagé par les forces armées.

Cette menace n’est pas prise à la légère. En plus de déconnecter les ordinateurs, les smartphones, les serveurs par lesquels transitent les données financières et économiques seraient tout simplement coupés.

Et comme le rappelait récemment lors d’un entretien à la Tribune, Jean-Luc Vuillemin, directeur des réseaux internationaux d’Orange, en cas de coupure, il n’y aurait tout simplement plus d’internet européen. Et pour cause: 99% du réseau mondial passe par ces câbles.

Ce scénario est pris très au sérieux par les responsables européens de la défense depuis plusieurs années d’autant que des navires militaires Russe sillonnent de plus en plus les côtes irlandaises par où passent ces autoroutes de l’information.

Un navire espion russe
La crainte est réelle. En août 2021, au large de l’Irlande, le Yantar, un navire « océanographique » qui dispose d’un mini sous-marin de type AS-37 [Projet 16810], a pu plonger jusqu’à 6000 mètres de profondeur. Ce navire espion de la marine russe a suivi le tracé des câbles sous-marins de télécommunications Celtic Norse et AEConnect-1 qui relient l’Irlande aux États-Unis. C’est par eux que transitent 97% des communications mondiales et des transactions financières.

La situation géopolitique en Europe s’est gravement complexifiée depuis le début de la guerre en Ukraine. La Russie ayant déclenché ce conflit, elle se retrouve isolée du monde occidental, et de nombreuses sanctions ont vu le jour à son encontre.

Les pays européens craignent qu’en riposte, les forces russes n’en viennent à tenter de perturber leur économie en les privant d’accès au réseau Internet. Cela peut se faire de plusieurs façons, notamment via une série de cyberattaques. Cependant, la plupart des pays européens sont assez bien protégés contre ce type d’agressions, et la difficulté pour la Russie serait alors décuplée.

Heureusement, plusieurs experts interrogés récemment à ce sujet insistent sur le fait que ces perturbations pourraient n’être que temporaires. La France, par exemple, possède des opérateurs de box internet par satellite, qui peuvent procurer une connexion internet sur l’ensemble du territoire. Des entreprises comme Starlink ont notamment fait bénéficier l’Ukraine de leur connexion réseau par satellite pour contourner la coupure d’Internet.

Malgré tout, ce n’est pas dans l’intérêt de la Russie de partir dans cette direction car plusieurs pays d’Europe et notamment le Royaume-Uni ont signifié qu’un tel sabotage reviendrait à “un acte de guerre”. Les câbles sous-marins sont également sous surveillance, notamment par les entreprises qui les ont installés. Certains pays les surveillent également au moyen de leurs forces maritimes.

Si la Russie décidait tout de même de passer à l’acte, il lui faudrait sectionner une bonne dizaine de câbles pour réussir à créer un blocage important et significatif du réseau Internet. De plus, bien que le risque soit faible, la Russie utilise cette menace comme arme de dissuasion, bien moins violente que l’arme nucléaire.

« Si les militaires russent sectionnent suffisamment de câbles pour faire tomber l’essentiel de l’internet transatlantique, il ne devrait pas y avoir pour autant de black-out dans le sens où de nombreux sites comme ceux des Gafam sont répliqués sur les différents continents. Mais des services et sites qui ne le sont pas seraient touchés de plein fouet, je pense notamment à une entreprise qui via sa e-boutique exporte vers les Etats-Unis. On sait qu’un tel acte génèrerait beaucoup de pagaille pendant plusieurs mois », anticipe Vincent Balouet.

Un risque de blackout total faible
Il y en a 420 dans le monde, pour une distance d’1,3 million de km. Par conséquent, le risque d’un blackout total en Europe, qui est bien reliée, est quand même faible: il faudrait couper plusieurs de ces câbles en même temps, ce qui demanderait une opération très bien organisée.

Mais certains événements passés incitent à la prudence. Ces coupures, elles arrivent parfois, accidentellement (arrachés par des chalutiers par exemple, ou alors par un volcan). Les conséquences sont parfois lourdes : en 2007, des pêcheurs vietnamiens coupent un câble sous-marin. Le pays perd 90% de sa connectivité pendant trois semaines. Plus récemment, un volcan a sectionné le seul câble qui relie les îles Tonga à internet, qui se sont retrouvées coupées du monde. Cela montre l’importance de ces infrastructures.

Ces câbles sont donc stratégiques et fragiles. Un sujet d’inquiétude pour les autorités du monde entier depuis des années. En France, le sujet a été abordé en 2017 dans un rapport du secrétariat général de la Défense et de la sécurité nationale, qui estime que les câbles sous-marins constituent « de potentielles cibles dans le jeu des puissances. »

La France est d’ailleurs en train de se doter de drones et de robots sous-marins, sortes de vigiles des abysses pour détecter au plus vite une anomalie.

Sources : https://www.bfmtv.com/ / https://rmc.bfmtv.com/ / https://www.abcbourse.com/ / https://www.francetvinfo.fr/

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