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Hiver 2017-2018

L’Hiver 2017-2018 se profile déjà en terme de météorologie pour tous les passionnés qui se penchent sur les prévisions saisonnières. Une science qui n’est qu’à ces débuts tant elle est compliquée et rarement juste à 100%.

L’hiver dernier notre score se situe dans les 20% de justesse. Un facteur déterminant avait changer d’orientation en haute altitude et sur sur la fin aout 2016 bien après nos prévisions de fin juillet 2016. C’est notre QBO (Oscillation Quasi Bisannuelle). La QBO concerne la zone tropicale, elle affecte indirectement la météo mondiale, via son influence sur la circulation des masses d’air à des altitudes stratosphérique. En effet, nous étions en phase d’est quand subitement la phase est passée en phase d’ouest en haute altitude. Ce phénomène qui n’avait jamais été observé depuis le début des analyses de cet indice avait sérieusement remis en cause nos analyses de nos prévisions saisonnières. Pour en savoir plus, voir ICI. Habituellement, notre taux de réussite s’approchant de 70%.

A quoi va ressembler notre futur hiver ?

Actuellement, le QBO est passé ce mois ci en phase d’est, phase négative. Des chiffes sont transmis par la NOAA ici.

Tout ceci a donc un impact sur la circulation stratosphérique Brewer-Dobson suivant les deux régimes de la QBO. Elle est associée à une variation de l’intensité des ondes planétaires qui, elles-mêmes, peuvent modifier la force du vortex polaire. L’origine des oscillations périodiques des vents stratosphériques tropicaux est toujours un sujet de recherche. Elle est généralement attribuées à l’activité ondulatoire et à une interaction des vents avec les ondes de gravité piégées à l’équateur (ondes de Kelvin).

Cette circulation devrait donc se renforcer pour l’hiver prochain à cause de notre QBO actuelle. En se renforçant, le vortex polaire va également rester très faible et lent, ainsi il renverra des flux nordiques sur l’Europe.

Un autre indice joue également un grand rôle sur l’Europe. C’est l’Enso. L’ENSO est un acronyme composé à partir des termes El Niño et Southern Oscillation (« oscillation australe »). C’est un phénomène climatique et océanographique reliant le phénomène climatique El Niño et l’oscillation australe de la pression atmosphérique.

Actuellement, l’ENSO est en phase neutre à négatif. Et d’ici la fin de l’année, nous aurions très probablement une faible nina dans le pacifique. Il passera donc en négatif. Ce facteur à lui seul contribue à une influence favorable négative sur l’Europe pour l’Hiver prochain. Une observation des cartes des sst de la NOAA est édifiante :

Nous n’avons pas de El Nino cette année, cependant une faible Nina se met en place !

Un autre facteur a une importance cruciale. C’est le cycle de notre activité solaire. Nous sommes en phase descendante depuis de très nombreux mois. Actuellement, nous plongeons entre le cycle 24 et le cycle 25 de notre activité solaire :

Quelques règles pour les non initiés :

Activité solaire haute + OQB Ouest Þ temps plus chaud au pôle et temps plus froid en Europe
Activité solaire haute + OQB Est Þ temps plus froid au pôle et temps plus chaud en Europe
Activité solaire basse + OQB Ouest Þ temps plus froid au pôle et temps plus chaud en Europe
Activité solaire basse + OQB Est Þ temps plus chaud au pôle et temps plus froid en Europe.

Il a été démontré qu’en présence d’une faible activité solaire, les vents stratosphériques équatoriaux du QBO (Oscillation Quasi Bisannuelle) Est sont associés à une exceptionnelle augmentation de la tropopause équatoriale. Ce phénomène produit une forte augmentation de la quantité de vapeur d’eau qui traversent la tropopause équatoriale, ce qui conduit à un refroidissement brusque. Cela provoque un renforcement extraordinaire de la BDC (circulation Brewer dobson) et qui implique un ralentissement ainsi qu’un affaiblissement du VP (vortex polaire) et donc toute la structure du VP. L’activité solaire va continuer sa décroissance au cours de l’hiver prochain.

Un graphique peut être ajouté :

Dans ces conditions, nous pouvons d’ores et déjà dire que nous allons avoir un hiver favorable à des descentes polaires ou à un flux continental.

L’humidité et les précipitations devraient être très présentes sur le sud de la France. La neige devrait largement couvrir les différents massifs. Les températures seraient donc sous les normes saisonnières en montagnes et dans les vallées. 

Sur la moitié nord, c’est plus un flux continental, à flux de nord qui se mettrait en place. Peu de précipitations doivent être attendues. La carte suivante correspondrait donc à notre futur hiver :

Comme à l’accoutumée dans ce genre de scénario, c’est la partie Est de la France qui aurait un ressenti des plus rafraîchissant. 

Cependant la chronologie d’un tel hiver dans nos contrées est extrêmement difficile à apprécier. Ainsi en étudiant les hivers passés des plus rigoureux sur la France, on s’aperçoit que ces événements sont brefs dans le temps. L’Europe de l’ouest et la France baigne dans le Gulf Stream qui nous réchauffe. Ainsi nous n’avons pas les hivers canadiens en plein hiver sur la France.

Les coups de froid sur la France n’excèdent pas les 15 à 20 jours. Ce qui est déjà pas mal.  Les principales vagues de froid en France depuis 1954.

Nous aurions donc un hiver entrecoupés de périodes plus douces et plus froides. Avec un début décembre plus doux, qui finirait sur la fin avec des chutes de neige sur la massifs. Le froid glisserait sur l’Est et le Nord de la France. Après un radoucissement début janvier, le froid débarquerait à nouveau vers la mi janvier. La sécheresse pourrait s’amplifier sur le nord et le nord-ouest de la France. L’humidité et les précipitations seraient nettement plus importantes sur toute la partie sud de la France. La NAO (oscillation nord atlantique) et AO (oscillation arctique) devraient largement plongées en cette période des plus favorables pour le général hiver. Ainsi le mois de février devrait connaitre un mois largement en dessous des normes saisonnières avec de fortes précipitations neigeuses sur une bonne partie de la France. Cet hiver devrait entrer dans les hivers à vagues de froid. N’oublions pas que nous habitons la France, et non pas l’Alaska. Ainsi un hiver froid en France n’a pas la même signification en Alaska ou au Canada. Une vague de froid en France avec ses conséquences ont largement de quoi faire sourire plus d’un québécois. 

Tout ceci reste à interprétation, et évoluera au fil des mois qui nous arrivent et selon la variabilité des indices dont nous disposons. Après tout, la météo reste une science tout à fait inexacte… et l’espoir pour les « hivernophyles » sera toujours présent pour cet hiver qui va certainement être très intéressant à suivre. 

Adaptation et analyses de la Terre du Futur

sources : http://meteone.pagesperso / https://fr.wikipedia.org / http://www.weatheroptics.net / http://www.ospo.noaa.govhttp://sidc.oma.be

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