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Bulletin des climato-réalistes N°34

A LA UNE :
  • Des nouvelles de l’expérience CLOUD sur les nuages et le climat
  • La France pressée d’instituer un prix du carbone
LA TÊTE DANS LES NUAGES

Dans son ouvrage Combien pèse un nuage ?, Jean-Pierre Chalon, Directeur de l’École Nationale de la Météorologie et expert auprès de l’Organisation Météorologiste Mondiale indique que

l’impact global des nuages sur le bilan radiatif de la planète est 40 fois supérieur à celui attribué aux variations des teneurs en gaz à effet de serre enregistrées au cours de ces 10 dernières années.

Silence des médias français sur les derniers résultats du projet CLOUD

Dans le dernier article de son blog pensee-unique.fr, Jacques Duran revient sur les résultats obtenus par l’expérience Cloud menée au CERN qui semblent marquer un tournant important dans la compréhension de la formation des nuages. Il observe en même temps que ces résultats ont été largement relayés par les médias anglophones mais non par la presse française qui est restée étrangement silencieuse. L’un des articles publiés sur cette question dans Nature est cosignée par 70 auteurs relevant de 17 institutions internationales appartenant à toutes les grandes nations scientifiques… sauf la France qui n’a pas souhaité faire partie du projet CLOUD.

Divine surprise : Hervé Le Treut reconnaît l’importance des nuages sur le climat

A l’occasion du dixième anniversaire du lancement du système satellitaire qui étudie le rôle radiatif des nuages et des aérosols sur le climat, Hervé Le Treut, directeur de l’Institut Pierre-SImon Laplace (sorte d’antenne française du GIEC), a déclaré aux Échos le 13 juin :

« Cette constellation de satellites porte la vision de scientifiques de renom qui ont su anticiper plusieurs décennies à l’avance ce qu’impliquait, en termes de mesure et d’instrumentation, la nécessité de comprendre le rôle des nuages, qui constituent le premier déterminant de l’amplitude des changements climatiques à venir ».

L’effet refroidissant des aérosols surestimé par les modèles

Sur le blog du département de météorologie de l’Université de Reading, le Dr Nicolas indique que l’effet radiatif (refroidissant) des aérosols introduit dans les modèles est probablement surestimé par rapport aux observations satellitaires. Il rappelle que le comportement des nuages, qui joue un rôle très important dans le système climatique de la Terre, constitue le maillon faible des modèles climatiques.

RETOUR SUR LES CRUES EN ÎLE DE FRANCE

Valérie Masson-Delmotte : nous avons des chercheurs réactifs

À grand renfort de modèles, une équipe de chercheurs anglais, hollandais et français affirment avoir déterminé que la probabilité d’avoir trois jours d’affilée de pluies intenses au printemps dans les régions parcourues par la Seine et la Loire a augmenté de respectivement 80 et 90 %. La capacité à produire des résultats aussi précis en aussi peu de temps a laissé Valérie Masson-Delmotte pantoise d’admiration : sur sa page Facebook, elle s’exclame :

« Certaines équipes scientifiques (dont deux collègues français!) sont ultra-réactives : voici la première analyse permettant d’évaluer l’impact du réchauffement global sur la probabilité d’un évènement de très fortes pluies de printemps en région parisienne, et sur l’intensité de l’évènement. Leurs conclusions sont très claires sur le lien avec le réchauffement global ».

Dans leur hâte de publier leurs résultats aussi déterminants pour l’avenir de la planète, les auteurs ont toutefois oublié de soumettre l’étude au processus de révision par leurs pairs. Ce qui n’empêche pas France 24 de titrer : « L’Île-de-France et le Centre plus exposés aux crues printanières à cause du réchauffement climatique« .

INCERTITUDES SUR LE CYCLE DU CARBONE

Dans leur ouvrage Incertitude sur le climat, Katia et Guy Laval rappelaient que onze modèles utilisant un protocole commun avaient (à la demande du GIEC pour l’élaboration de son quatrième rapport) calculé la croissance de la concentration de CO2 dans l’atmosphère en 2100 : les résultats obtenus (publiés par l’American Meteorological society) présentaient une dispersion de 1 à 10.

D’où vient le CO2 présent dans l’atmosphère ?

Une analyse de l’AIE montre que les émissions de CO2 liées aux activités humaines sont restées stables pour la deuxième année consécutive, marquant le découplage des émissions et de la croissance économique. Le Guardian attribue cette stabilisation à l’essor des énergies renouvelables. Pourtant, la concentration de CO2 dans l’atmosphère mesurée à Mauna Loa n’a jamais été aussi élevée (408 ppm). D’où la question posée par la journaliste Jo Nova dans un article de son blog : quelle est la part réelle des émissions anthropiques dans la concentration de CO2 dans l’atmosphère ?

El Niño responsable de l’élévation de la concentration en CO2

Selon un article publié dans Nature Climate Change (rapporté par Anthony Watts sur son blog), El Niño a donné un petit coup de pouce à la concentration atmosphérique de dioxyde de carbone en réchauffant et asséchant les écosystèmes tropicaux réduisant ainsi leur capacité à agir comme puits de carbone et exacerbant les feux de forêt.

.TRANSITION ENERGETIQUE

Chili : l’énergie solaire est si abondante qu’elle est gratuite !

Les 29 fermes solaires du Chili ont tant mouliné que les excédents n’ont pu être écoulés faute de réseau capable d’acheminer l’électricité dans tout le pays. Une situation ubuesque selon positivr.fr. La nouvelle est bonne pour certains consommateurs, mais très mauvaise en revanche pour les fabricants des fermes solaires, que la baisse des prix met en difficulté comme l’explique le Huffingtonpost.

Ségolène Royal pressée d’instituer un prix du carbone

Selon l’AFP, la Ministre (qui selon Le Figaro se verrait bien Secrétaire Générale de l’ONU) a déclaré lors d’une réunion de la Coalition internationale sur le prix du carbone: « Nous avons la responsabilité de mettre au plus vite en œuvre la ratification de l’accord de Paris… et d’accélérer la mise en place d’une tarification du carbone ». Si nous calculons bien : supposons un prix du carbone à 100 € comme le voudrait le Prix Nobel d’Economie Jean Tirole. La France émettant environ 302 Mt de CO2 par an, cela chiffre le coût des dégâts environnementaux de ce polluant délétère externalités à 43 milliards d’euros par an. De quoi financer des éoliennes (ou des centrales nucléaires) !

NOUVELLE DÉFINITION DE L’INCONDUITE ACADÉMIQUE

The Australian rapporte que le Pr Peter Ridd, un spécialiste des coraux qui soupçonnait que quelque chose clochait avec des photographies utilisées pour mettre en évidence le déclin rapide de la Grande Barrière de corail, avait envoyé une équipe pour vérifier les faits… qui n’étaient pas avérés. Résultat : il a été sanctionné par l’Université James Cook, pour « ne pas agir d’une manière collégiale et dans l’esprit académique de l’institution« . Comme le dit Judith Curry , « la dernière perversion de l’éthique de la science nous vient de l’université James Cook« . Concluons par cette réflexion du Pr Ridd confiée à abc.net :

« Je ne suis pas vraiment sûr que la Grande Barrière de corail soit menacée ou endommagée, mais ce dont je suis totalement sûr c’est le système scientifique ne fonctionne pas et qu’il ne garantit pas un vrai débat ».

BÊTISIER

On ne le savait pas mais, lors de la COP21, « Super Ségo a sauvé le climat mondial ». C’est le titre d’un article du Canard Enchaîné du 15 juin (page 5) à propos d’un film de 23 minutes produit par le Ministère de l’environnement, tout à la gloire de la Ministre. Selon le Canard, ce film aurait coûté entre 50 et 100 000 Euros. Et n’a été vu que par quelques centaines de personnes tout au plus.

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