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Vers l’interdiction des voitures à essence en Chine

Un tel chantier permettrait à la deuxième puissance mondiale d’améliorer la qualité de son air ; mais aussi de favoriser l’émergence des constructeurs chinois sur le marché de la voiture électrique.

Après la France et le Royaume-Uni, qui ont annoncé leur intention d’arrêter les ventes des voitures diesel ou essence sur leurs routes d’ici à 2040, c’est au tour de la Chine, premier marché automobile mondial, d’envisager une mesure aussi radicale. Prenant la profession par surprise, les autorités chinoises ont en effet assuré ce week-end qu’elles avaient démarré des «études» sur le sujet et préparaient un calendrier «pour une interdiction» de la production et de la vente de voitures à carburants fossiles.

Cette orientation constituerait une véritable révolution copernicienne pour la planète automobile, tant le projet est titanesque. Sur les 28 millions de véhicules vendus l’an dernier en Chine, seule une infime partie – moins de 1% – étaient électriques. «De telles mesures vont conduire à de profonds changements dans l’environnement de l’industrie automobile en Chine», a reconnu le vice-ministre chinois de l’Industrie, Xin Guobin.
En réfléchissant à ce virage, Pékin cherche à enrayer le problème de la pollution de l’air, qui fait suffoquer le pays, et exaspère la population ; et à réduire sa dépendance aux importations de pétrole. Mais l’enjeu est aussi industriel. «Grâce à la taille de son marché et aux subventions accordées, la Chine pense que ses constructeurs peuvent s’imposer comme leaders mondiaux des véhicules et des batteries électriques ; alors que cela paraît impossible sur le segment des voitures traditionnelles», souligne Dominik Declercq, représentant en Chine de l’association des constructeurs européens (ACEA), pour qui Pékin va sans nul doute concrétiser ses réflexions.

Pour l’heure, aucune date précise n’a été fixée. Mais il faudrait sans doute plus de deux décennies pour métamorphoser complètement le marché des véhicules particuliers, selon les experts. Et la tâche s’annonce encore plus complexe s’agissant des véhicules commerciaux et des camions. Le régime communiste a toutefois commencé à poser les premiers jalons: il a introduit en juin un projet de règlement pour imposer à tous les constructeurs un quota de ventes «voitures propres» qui débuterait en 2018 et monterait ensuite en puissance.
Un défi immense pour les constructeurs occidentaux

Le défi qui se profile à l’horizon est immense pour certains constructeurs occidentaux. L’allemand Volkswagen, qui a écoulé 4 millions de véhicules en Chine l’an dernier, affirme déjà faire des «d’efforts colossaux» pour se préparer à respecter les quotas. Il a conclu une coentreprise pour atteindre «400 000 ventes de véhicules hybrides et électriques d’ici 2020». L’américain Ford lancera début 2018 en Chine un premier véhicule hybride et prévoit que 70% de ses modèles disposeront en option de l’électrification d’ici à 2025. Son compatriote General Motors compte pour sa part lancer au moins dix «véhicules propres» d’ici à 2020. De son côté, le français Renault fait valoir les 400 000 véhicules électriques de l’Alliance Renault-Nissan déjà en circulation. «Nous sommes parés: nous maîtrisons la technologie et continuons à travailler dessus», explique Florence de Goldfiem, responsable de la communication du groupe en Chine, qui ajoute que l’Alliance vient de créer une coentreprise avec le chinois Dongfeng pour développer des véhicules électriques.

Le gouvernement chinois fait toutefois un pari risqué. Certains constructeurs locaux, comme BYD, spécialiste de l’auto électrique ou Geely – propriétaire de Volvo – qui promet que 90% de sa production sera hybride ou électrique d’ici à 2020 – devraient certes tirer leur épingle du jeu. Mais d’autres pourraient aussi avoir du mal à s’adapter à la nouvelle donne…

source : http://www.lefigaro.fr/

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