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Un monde sécessionniste

Après le Brexit et l’arrivée de Donald Trump, bien des choses pourraient changer. Il est probable que la mondialisation est une grande cause de ces chocs de 2016 qui pourraient continuer sur l’année 2017 mais pas seulement.

Ce qui s’est exprimé de cette façon avec le Brexit, s’exprime un peu partout en Europe. La large victoire du mouvement Cinq étoiles à Rome et dans plusieurs grandes villes italiennes, la percée de l’extrême droite en Autriche, le succès prévisible de Podemos en Espagne, la progression du Front national en France, sans oublier les précurseurs grecs de Syriza, sont autant de manifestations d’un soulèvement non contre le principe européen, mais contre l’Union européenne telle qu’elle apparaît aujourd’hui aux peuples. C’est-à-dire comme l’instrument des institutions financières, et des politiques d’austérité.

C’est un sentiment d’impuissance qui s’exprime contre l’Union européenne et les grands partis traditionnels, libéraux ou sociaux démocrates. C’est une révolte contre une chape de plomb, et contre un déni systématique de démocratie, comme on l’a vu en France après le référendum de 2005, et plus cruellement encore, après le référendum grec de juillet 2015. Et comme on le voit ces jours-ci encore dans notre pays avec le mépris affiché par le gouvernement face à une opinion hostile à une loi travail largement inspirée par l’Union européenne.

Pour les causes de l’arrivée de Donald Trump, ce serait la juste vengeance des électeurs pauvres et non éduqués qui n’ont pas été pris en compte. Les aristocrates à la lanterne ! A ceci près qu’ils ont élu un milliardaire narcissique et menteur escroquant ses fournisseurs et clients voyageant dans un avion plaqué or. Mais dans les esprits, un self-made man, même nettement malhonnête et serial menteur, ne peut pas être aussi pourri qu’un politique. Et c’est aussi la première fois que les américains élisent comme président un individu qui n’a jamais exercé de fonction publique. Tous les anciens présidents étaient soit des élus (sénateurs, gouverneurs) soit des militaires (Grant, Eisenhower). Même l’acteur Reagan était passé par la case de gouverneur de Californie.

Ce serait la juste vengeance des électeurs pauvres et non éduqués qui n’ont pas été pris en compte. Les aristocrates à la lanterne ! A ceci près qu’ils ont élu un milliardaire narcissique et menteur escroquant ses fournisseurs et clients voyageant dans un avion plaqué or. Mais dans les esprits, un self-made man, même nettement malhonnête et serial menteur, ne peut pas être aussi pourri qu’un politique. Et c’est aussi la première fois que les américains élisent comme président un individu qui n’a jamais exercé de fonction publique. Tous les anciens présidents étaient soit des élus (sénateurs, gouverneurs) soit des militaires (Grant, Eisenhower). Même l’acteur Reagan était passé par la case de gouverneur de Californie.

La victoire de Trump s’explique par le rejet de la complexité des solutions politiques proposées comme réponse face aux problèmes quotidiens des individus. A posteriori, les résultats de l’élection américaine s’expliquent. Ces explications sont politiques, sociologiques, économiques, historiques ou culturelles et même technologiques !

Vous ne voulez pas de migrants ? Construisons un mur. Vous ne voulez pas de délocalisations ? Devenons protectionniste. Vous voulez changer les choses ? Votez pour moi !

Cependant ces rejets semblent surtout se trouver dans les couches populaires qui se situent particulièrement loin des grands centres urbains. 

Au Royaume Uni et en Ecossse

Au Royaume Uni, cela pourrait donc provoquer une sécession avec l’Ecosse : Le refus de la Cour suprême d’Angleterre d’accorder à l’Ecosse un vote sur le déclenchement du Brexit met les indépendantistes au défi d’exécuter leur menace d’organiser un nouveau référendum d’autodétermination, qu’ils sont pourtant loin de pouvoir remporter sans difficultés.

L’annonce a été vécue comme un affront par les indépendantistes écossais, qui ont dénoncé une violation de leur souveraineté et la mainmise de la capitale sur les affaires des quatre nations constitutives du Royaume-Uni. 

La dirigeante du Parti nationaliste écossais (SNP) a défendu le droit des Écossais à « choisir entre cette option et un avenir distinct ». « Avec son discours d’aujourd’hui [17 janvier 2017], la Première ministre a rendu ce choix encore plus probable », a indiqué Nicola Sturgeon, qui demande au gouvernement britannique un plan pour que l’Écosse reste dans le marché unique.

Lors du référendum sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’UE, le 23 juin dernier, 62 % des Écossais ont voté pour rester dans le bloc communautaire – face à 38 % contre – alors que dans l’ensemble du Royaume-Uni, le Brexit s’est imposé avec 52 % des suffrages.

« Même si le gouvernement écossais continue de prendre des décisions de manière ordonnée et responsable, quelque chose doit être clair : le gouvernement conservateur ne peut pas agir contre les désirs et les intérêts de l’Écosse », a-t-elle insisté. « Si, comme l’a dit la Première ministre, le Royaume-Uni ne continue pas dans le marché unique, nous donnerons alors l’occasion sérieuse à l’Écosse d’y rester. »

Aux Etats Unis et en Californie

La victoire de Donald Trump a donné à la très démocrate Californie des envies de prendre le large. Le secrétaire d’Etat de la Californie, Alex Padilla, a donné son feu vert jeudi 26 janvier 2017 pour que les militants d’une «Nation de Californie» – mouvement aussi surnommée «Calexit» – démarrent la collecte des près de 600’000 signatures nécessaires pour que la mesure soit soumise au vote lors des prochaines élections en novembre 2018. Il leur faudra récolter exactement 585’407 signatures d’ici le 25 juillet, soit 8% des votants inscrits dans le grand Etat de l’ouest américain, le plus peuplé des Etats-Unis avec 40 millions d’habitants.

Si la Californie était un pays, elle disposerait à elle seule de la sixième économie mondiale. L’Etat est à une très forte majorité démocrate. Si l’initiative était effectivement soumise au vote, un «Oui» conduirait à une modification de la Constitution de l’Etat, selon laquelle «la Californie est une partie inséparable des Etats-Unis» et «la Constitution des Etats-Unis est la loi suprême du pays», selon un communiqué du bureau de Alex Padilla. Les électeurs auraient alors à décider lors d’un référendum en 2019 si la Californie doit devenir un Etat indépendant.

Les partisans du Calexit, dont la campagne s’intitule «Yes California», poussent pour l’indépendance de leur Etat car ils l’estiment peu en phase avec le reste des Etats-Unis et pensent que la Californie pourrait prospérer toute seule. L’idée d’une Californie indépendante est devenue très séduisante pour beaucoup dans la foulée de la victoire de Donald Trump. Sa rivale démocrate Hillary Clinton a remporté en Californie 4,2 millions de voix de plus que le milliardaire républicain lors du scrutin du 8 novembre dernier, soit près de deux fois plus de voix.

La sécession est l’acte politique consistant, pour la population d’un territoire ou de plusieurs territoires déterminés, à se séparer officiellement et volontairement du reste de l’État ou de la fédération à laquelle elle appartenait jusqu’alors.

Ce qui s’exprime ici, est une volonté des peuples à prendre le large et la division est d’autant plus d’actualité que l’établishement a échoué dans leurs promesses. Il est probable que ce qui se passe en Ecosse et en Californie n’est que le début d’un démantèlement ici et ailleurs dont l’issue pourrait s’avérer hasardeuse voire dangereuse car l’Histoire signe souvent son éternellement recommencement. 

Adaptation TDF

sources : http://www.politis.fr/ / http://www.frenchweb.fr/ / http://www.huffingtonpost.fr/ / https://www.rtbf.be/ / http://www.euractiv.fr/ / http://www.euractiv.fr/ / https://fr.wikipedia.org/

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