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Un monde fragilisé à cause d’internet et du tout connecté

Dans un monde où tout est interconnecté via internet, «un blackout et c’est fini pour vous».

La réalité virtuelle est en plein essor, le monde est de plus en plus interconnecté chaque jour. Mais aux plus grands espoirs s’ajoutent les prédictions les plus sombres. Que nous promet l’avenir ? Jacob Morgan, auteur et futurologue.

RT : L’internet et le faible coût des technologies créent ce qu’on appelle une «tempête parfaite» pour l’internet des objets, un réseau géant d’objets connectés. Pourquoi voudrait-on que notre bouilloire ait accès à l’internet, n’est-ce pas aller un peu trop loin ?

Jacob Morgan (J. M. ) : Oui, certains pourraient se demander à quoi ça sert d’avoir autant de dispositifs connectés, mais je pense qu’il y a un certain nombre de choses à prendre en considération. Premièrement, on acquiert un certain niveau de confort, quand ces appareils commencent à parler les uns aux autres. L’idée est que cela peut améliorer la productivité, l’efficacité et rendre la vie plus facile et commode. La deuxième chose qu’il faut retenir, c’est que beaucoup d’organisations, de fabricants et de fournisseurs de bouilloires, de brosses à dents, de téléviseurs vont commencer à intégrer ces dispositifs dans les appareils qu’ils créent, peu importe que vous le vouliez ou non. Pensez par exemple à la télé. Il est aujourd’hui assez difficile d’acheter un poste de TV qui ne soit pas intelligent, qui ne soit pas capable de se connecter à internet. C’est une sorte de caractéristique standard et cela va augmenter dans les années à venir.

“Le scénario le plus pertinent ce n’est pas de laisser le contrôle à la technologie, mais de travailler avec la technologie pour prendre de meilleures décisions”

RT : Ne laisse-t-on pas les machines trop contrôler nos vies ?

J. M. : C’est un grand débat. C’est là que la question de l’éthique numérique entre en jeu. Quel degré d’autorité doit avoir un outil technologique ? Pensez à un véhicule autonome, par exemple. Imaginez que vous êtes dans une voiture autonome et qu’un accident est inévitable. La voiture doit décider entre faire tuer le conducteur ou écraser deux piétons, tuant probablement l’un d’eux. Que décidera la voiture en réalité ? L’éthique numérique est donc un grand défi, c’est un vaste domaine que nous essayons de comprendre et d’explorer. Mais le scénario que la plupart des gens voient comme le plus pertinent, ce n’est pas de laisser le contrôle à la technologie, mais de travailler avec la technologie pour prendre de meilleures décisions. C’est donc une sorte de scénario idéal que nous essayons de réaliser.

RT : Mais cela ne rend-il pas myope d’être si fortement dépendant de toutes ces technologies ?

J. M. : C’est une préférence personnelle et c’est un choix personnel. Quand on parle de black out du réseau, il est difficile d’imaginer un scénario où tout va s’éteindre. C’est possible, et cela veut dire qu’internet dans votre maison arrête de fonctionner, ainsi que votre fournisseur d’accès internet. Votre serrure intelligente ne marchera pas, votre caméra d’entrée ne marchera pas, votre poste de TV intelligent ne marchera pas. Ce sera fini pour vous… Mais cela dépend bien sûr de la connectivité. Si la connectivité disparaît, on a un blackout. Raison pour laquelle il y a tant d’investissements et d’initiatives d’entreprises à travers le monde pour maintenir une connectivité cohérente, pour assurer une disponibilité constante. Nous sommes habitués aujourd’hui à nous connecter sur Instagram, Facebook et Twitter. Il est possible que d’ici cinq ans, il faudra payer pour aller en vacances à un endroit où il n’y a aucune connectivité. Ce type de futur n’est pas trop éloigné à mon avis.

Dans l’avenir, lorsqu’il y aura plus d’outils interconnectés, nous aurons toujours plein de hackers cherchant à faire des choses malveillantes
RT : Si tout est connecté, il sera plus facile de pirater et de provoquer d’importants dommages. L’internet des objets est-il un cauchemar pour la sécurité ?

J. M. : Le concept de piratage a toujours existé depuis la création de l’internet. Il y a toujours eu des gens qui ont essayé de copier et de dupliquer l’information. Dans l’avenir, lorsqu’il y aura plus d’outils interconnectés, nous aurons toujours plein de hackers cherchant à faire des choses malveillantes. Ça ne va jamais disparaître, rien ne peut être parfaitement sûr et infaillible. Ce qu’il faut faire, c’est éduquer les consommateurs, leur raconter ce que cela veut dire, et les organisations doivent développer une série de normes et de protocoles pour s’assurer que ces piratages ne se produisent pas.

RT : Ne sommes-nous pas imprudents en mettant nos données privées, tout ce qu’il y a à connaître de nous, dans des réseaux ouverts ? Désormais quelqu’un qui rentre dans mon iphone saura tout sur moi même sans lire mes mails. La technologie et la commodité tuent-ils la vie privée ?

J. M. : Beaucoup de gens en débattent. Vous avez dit que vous aviez un smartphone, et que si quelqu’un s’en saisissait, il aurait accès à des courriels et d’autres choses, mais alors, pourquoi avez-vous un smartphone ? Vous avez un téléphone intelligent, car vous êtes prête à sacrifier un peu de confidentialité et de sécurité pour avoir accès à l’information. De même que la plupart des gens dans le monde. Chaque fois que vous utilisez Facebook, chaque fois que vous allez sur LinkedIn, chaque fois que vous achetez quelque chose chez Amazon ou que vous regardez un film sur Netflix – lorsque vous lisez les termes des contrats de ces différents sites que vous utilisez souvent gratuitement, vous verrez cela dans les petits caractères –vous êtes en train de renoncer à un certain niveau de confidentialité et de sécurité. La plupart des gens sont prêts à le faire parce que c’est une sorte de commerce : je suis prêt à renoncer en partie à mon intimité et à ma sécurité pour utiliser gratuitement quelque chose comme Facebook. Je suis prêt à le faire pour avoir et pouvoir utiliser un excellent appareil tel qu’un iPhone. C’est donc un choix personnel, un arbitrage, mais je pense que la plupart des gens dans le monde, si vous leur posez la question, se sentent bien dans ce genre d’échange.

source : https://francais.rt.com/

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