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Un monde de chocs pétroliers à répétition, solutions en vue

baril

De la fin de l’année 2001 au 31 juillet 2008 le prix du pétrole a augmenté de 525% en USD.

Une information fondamentale publiée par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) est passée totalement inaperçue : le pic pétrolier s’est produit en 2006. Alors que la demande mondiale continuera à croître avec la montée en puissance des pays émergents (Chine, Inde et Brésil), la production de pétrole conventionnel va connaître un déclin inexorable après avoir plafonné. La crise économique masque pour l’heure cette réalité.

 


Pétrole cher

Après avoir connu le 3eme choc pétrolier en 2008, le monde reste très sensible aux moindres fluctuations et aux moindres crises. Mais elle obérera tout retour de la croissance. La remontée des coûts d’exploration-production fera naître des tensions extrêmement vives. L’exploitation du charbon et des réserves fossiles non conventionnelles exigera des investissements lourds et progressifs qui ne permettront guère de desserrer l’étau des prix à un horizon de temps proche. Les prix de l’énergie ne peuvent ainsi que s’affoler.

Le silence et l’ignorance d’une grande partie de la classe politique sur ce sujet ne sont guère plus rassurants. Et cela sans tenir compte du fait que nous aurons relâché et continuerons à dissiper dans l’atmosphère le dioxyde de carbone stocké pendant des millénaires… Chocs pétroliers à répétition jusqu’à l’effondrement et péril climatique. Voilà donc ce que nous préparent les tenants des stratégies de l’aveuglement. La catastrophe de Fukushima alourdira encore la donne énergétique.


De telles remarques génèrent souvent de grands malentendus. Les objections diagnostiquent et dénoncent aussitôt les prophètes de malheur comme le symptôme d’une société sur le déclin, qui ne croit plus au progrès. Ces stratégies de l’aveuglement sont absurdes. Affirmer que notre époque est caractérisée par une “épistémophobie” ou la recherche du risque zéro est une grave erreur d’analyse, elle éclipse derrière des réactions aux processus d’adaptation la cause du bouleversement.

«On est vraiment entré dans une ère du pétrole cher», assurait en 2008, la ministre de l’Économie et de l’Emploi, Christine Lagarde. Et toute l’Europe le ressentira malgré l’euro fort. «Si ces niveaux (de cours) très élevés se maintiennent, cela aura forcément un impact sur l’économie», a insisté hier la porte-parole de la Commission en charge des Affaires économiques, Amelia Torres. La Commission européenne tablait début novembre sur une croissance de 2,2 % dans la zone euro en 2008. À la lumière des dernières informations, ce sera sans doute moins.

Depuis 2008, En fin de compte, il apparaît que le troisième choc pétrolier a débouché, comme dans les deux cas précédents, sur une récession qui  affecte l’ensemble de l’économie mondiale.

Choc pétrolier en vue? Pas de panique!

Depuis le mois de juin 2014, sous l’influence de la guerre en Irak, les cours de pétrole brut montent de part et d’autre de l’Atlantique. A moins d’une rupture d’approvisionnement, pas de crise en vue. Dépassé par la Russie, le Moyen-Orient n’est plus fournisseur privilégié de l’Europe.

“Si les attaques des islamistes venaient à gagner le sud et menacer les zones principales de production de pétrole, alors les prix du pétrole pourraient augmenter de 30-50% par rapport aux niveaux actuels”, met en garde Adam Slater, d’Oxford Economics.

Et pour cause, les craintes qu’elle suscite font d’ores et déjà augmenter les cours de l’or noir depuis que les combattants ont mis la main sur la ville de Mossoul, centre important de l’extraction pétrolière irakienne, et qu’ils se rapprochent rapidement de Bagdad. A l’ouverture ce vendredi à New-York, le “light sweet crude” (WTI) pour livraison en juillet gagnait 16 cents, à près de 107 dollars. Son plus haut niveau depuis septembre 2013.

Le risque n’est pas immédiat

On n’en est pas encore au choc durable, a répondu en substance l’Agence internationale de l’énergie (AIE) qui ne voit pas de risque “immédiat”, “pour autant que le conflit ne s’étende pas”.


Solutions en vue

Et si, pourtant, ce baril hors de prix avait des vertus ? Aujourd’hui, personne ou presque ne se soucie de consommer mieux, c’est-à-dire de consommer moins de ressources et surtout d’énergie. En dépit d’un engouement sans précédent, les énergies «propres», sans hydrocarbures ni déchets à long terme, ne pèseront au mieux que 2 % de la consommation mondiale en 2030. Même l’atome n’y pourra rien.

Pourtant, la Chine, l’Inde, l’Europe, n’en finissent pas de planter des moulins à vent ; le Brésil fait tout pour sucrer ses moteurs et ceux du reste du monde ; et les adeptes du diesel à huile découvrent des qualités à la friture.

Un pétrole cher, c’est l’assurance que les milliers de projets, d’expériences du moins consommer, ou du consommer autrement, ne seront plus de simples gouttes d’eau réservées à quelques bobos. La plupart des idées qui germent ici et là n’attendent plus qu’un petit coup de pouce et beaucoup de pédagogie : est-il normal que l’Autriche affiche trois fois plus de chauffe-eau solaires que la France ? Est-il raisonnable d’utiliser des hordes de camions quand le rail a prouvé depuis longtemps son efficacité ? Est-il judicieux que les ingrédients d’un simple pot de yaourt parcourent plusieurs milliers de kilomètres avant d’atterrir sur nos tables ? Est-il légitime de dégrader les côtes chiliennes en quelques années pour assouvir l’appétit de saumon des Européens?

Le choc pétrolier dont nous vivons les prémices exige des politiques ambitieuses, pour forcer les uns, et accompagner les autres. Mais on ne les voit se dessiner ni en France ni en Europe ni ailleurs. La cure de désintoxication au pétrole aujourd’hui, la panne sèche demain, seront d’autant plus violentes que les responsables politiques auront gardé leurs oeillères.

Si nous ne faisons rien, demain, le baril sera à prix d’or quand le sevrage sera impossible et le climat en surchauffe. Alors aujourd’hui, ce pétrole déjà cher est l’occasion ou jamais de changer notre monde. Vive le pétrole cher, donc !

En route vers la Troisième Révolution Industrielle… Prochain article sur TDF

sources : http://www.lemonde.fr/ /  http://www.lefigaro.fr/

http://professoral.edhec.com/ / http://www.dhnet.be/

http://www.latribune.fr/ / http://www.neomansland.info/

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