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Un cratère d’impact géant découvert au Groenland

Une dépression de 31 kilomètres de diamètre sous un glacier du Groenland vient d’être découverte. Il pourrait s’agir d’un cratère d’impact et si tel est le cas, il pourrait être si jeune qu’il serait contemporain des Hommes. Il serait peut-être lié à l’extinction des mammouths en Amérique du Nord.

Il y a une dizaine d’années environ, des chercheurs en géosciences ont proposé une hypothèse fascinante, cependant rapidement controversée. Elle l’est toujours et elle n’est donc pas majoritairement considérée par la communauté scientifique et encore moins acceptée. Cette hypothèse se voulait être, notamment, une réponse plausible à l’apparition d’une énigmatique brusque et récente vague de froid sur Terre pendant une période connue sous le nom de Dryas récent, il y a environ 12.900 ans. Une vague de froid qu’accompagnait aussi une série d’extinction notable en Amérique du Nord, en particulier celle des mammouths.

Les chercheurs se basaient sur plusieurs analyses de sites datant de cette époque présentant une couche, riche en carbone, avec une concentration anormale d’iridium, un élément lourd et rare à la surface de la Terre mais fréquemment associé aux matériaux composant les météorites et les comètes. De plus, des nanodiamants et des fullerènes, des caractéristiques exclusives d’échantillons de matières extraterrestres y avaient aussi été trouvés. Remarquablement, l’abondance de ces traceurs d’impacts extraterrestres semblait diminuer au fur et à mesure que l’on s’éloigne de la région des Grands Lacs.

Cela conduisait donc naturellement à l’élaboration d’un scénario où un petit corps céleste, probablement une comète, serait tombé sur le glacier Laurentides couvrant alors ce qui sera plus tard la région des Grands Lacs d’Amérique du Nord. Une portion importante de l’Inlandsis laurentidien aurait aussi été déstabilisée, entraînant ultérieurement la vidange partielle du réservoir d’eau douce constitué par le lac Agassiz, le plus grand lac glaciaire en Amérique du Nord à ce moment là. Il recouvrait une bonne partie du Manitoba, le nord-ouest de l’Ontario, certaines régions de l’est de la Saskatchewan et du Dakota du Nord, et le nord-ouest du Minnesota. À sa taille maximale, il mesurait environ 1.500 kilomètres de long sur plus 1.100 kilomètres de large et atteignait une profondeur de 210 mètres.

Pour arriver à la thèse aujourd’hui avancée, les chercheurs ont travaillé 3 ans. Déjà en 2015, de nouvelles données topographiques leur avaient mis la puce à l’oreille. Mais ce sont surtout des campagnes aériennes de sondage, avec un radar dernier cri, sous le glacier Hiawatha, menées par une équipe allemande de l’institut Alfred Wegener qui ont surpris les chercheurs. Elles montraient clairement une dépression circulaire sous la glace avec l’équivalent d’un pic central qui se forme quand un impact de corps céleste est suffisamment violent, semblable au pic résultant de la chute d’une goutte d’eau dans un verre partiellement rempli.

Des campagnes géologiques au sol, les années suivantes, ont permis d’échantillonner des dépôts vraisemblablement produits par des sédiments en provenance du cratère supposé, portés par l’eau de chenaux sous-glaciaires. On y a trouvé incontestablement des quartz choqués dont on sait qu’ils se forment lors d’impact de petits corps célestes.

En combinant toutes ces données avec celles concernant la modélisation et l’étude des astroblèmes, la conclusion est que l’on devrait bien être en présence d’un cratère d’impact formé par la chute d’un corps de taille kilométrique et dont la densité et la composition sont celles des météorites ferreuses, appelées des sidérites. Or, justement, une météorite de ce genre d’une vingtaine de tonnes a été trouvée, il y a un moment déjà (voir la vidéo ci-dessus), non loin du glacier Hiawatha.

La prudence s’impose quand même. Pour lever les objections déjà faites à toutes ces interprétations, il va falloir augmenter les prélèvements et, dans l’idéal, effectuer des forages pour avoir accès à la roche dans le cratère. La question la plus importante à laquelle il faudrait aussi trouver une réponse est celle de la date de la formation de l’astroblème, si cela en est un. On pourrait alors avoir des aperçus fascinants sur l’histoire non seulement de la biosphère au quaternaire mais aussi sur celle de l’Humanité.

source et extrait de https://www.futura-sciences.com/

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