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Que se passerait-il si une tempête solaire annihilait la technologie que nous connaissons ?

C’est une ironie tout à fait étrange et très chanceuse que la pire tempête solaire de l’histoire ait eu lieu à une époque où la civilisation humaine n’était pas encore vulnérable de la furie géomagnétique du Soleil.

L’événement de Carrington – tempête solaire de 1859 – a vu une énorme éjection de masse coronale solaire déchaînée sur la magnétosphère protectrice de la Terre, produisant une tempête géomagnétique épique à l’échelle de laquelle la civilisation moderne n’avait jamais été témoin auparavant.

Méconnues du grand public, les éruptions solaires menacent de déstabiliser en profondeur notre civilisation, devenue hyper dépendante de ses réseaux électriques et numériques. Un blackout de grande ampleur menace à tout instant de plonger des mégapoles entières dans l’obscurité pendant plusieurs mois, occasionnant au passage des milliers de milliards de dollars de dégâts.

Et si l’on vous disait que dans 12 heures, la planète allait sombrer dans le chaos ? Imaginez : Internet hors service, les satellites, téléphones et autres moyens de communication kaput. Plus d’électricité, plus d’énergie. Un monde immobilisé et plongé dans le noir. L’hypothèse est très sérieuse !

Tout d’abord en 1859, que s’est il passé ? Des aurores boréales intenses ont illuminé le ciel à travers le monde – mais avec de forts courants électriques balayant le globe, les répercussions sont allées bien au-delà de simples visuels colorés. Des aurores boréales étaient visibles jusqu’à Cuba. Celles-ci étaient si intenses que des Américains pouvaient lire leur journal à la seule lueur des aurores.

Les systèmes télégraphiques couvrant l’Europe et l’Amérique du Nord se sont effondrés, car les étincelles ont brûlé les équipements, apportant des décharges électriques aux opérateurs humains et provoquant même des incendies. Au milieu du tumulte électrisé, les machines qui avaient été déconnectées de leur alimentation électrique continuaient à relayer leurs messages tronqués.

Au milieu du XIXe siècle, la destruction soudaine du réseau télégraphique était certes embarrassante mais pas de nature à paralyser l’ensemble de la société. Et tout ceci est arrivé en 1859, à une époque où la technologie d’aujourd’hui n’existait pas. Car ici, c’est bien la technologie dépendante de « l’électricité » qui est concernée. Cette technologie que l’on retrouve dans absolument tous les éléments électroniques du XXI eme siècle.

Que se passe t’il à ce moment là sur le soleil ? Loin d’être l’astre homogène et stable qu’il parait à l’oeil nu et à une distance de 150 millions de kilomètres, le Soleil est constamment travaillé par son puissant champs magnétique. D’étranges tâches solaires, déjà observées par Galilée dès 1610, émaillent sa surface et sont la source de gigantesques cordes magnétiques.

Cette énergie magnétique accumulée finit par exploser en éruptions solaires. Ce sont elles qui éjectent des salves de particules chargées et très chaudes dans l’espace. En temps normal, la Terre reçoit une petite quantité de ces particules ionisées. Le champs magnétique terrestre nous en protège très bien en les canalisant vers les pôles. Les seules conséquences de ce vent solaire sont alors les aurores boréales et astrales, qui font l’émerveillement des touristes.

Que se passerait il sur Terre au XXIeme siècle ? Aujourd’hui, notre civilisation repose presque entièrement sur son réseau électrique qui structure notre information, notre communication et toutes nos technologies numériques. Et l’intense champ magnétique induit par les particules solaires pourrait provoquer des surtensions et déclencher un véritable blackout planétaire si une tempête aussi violente que celle de 1859 frappe la Terre.

Point sensible et névralgique du réseau : les transformateurs électriques sont particulièrement coûteux et difficiles à remplacer. Pour simple exemple, la côte est américaine, très interconnectée, serait particulièrement fragile et pourraitse retrouver sans électricité pendant au moins un an… Quant aux dommages causées par la tempête solaire, leur montant pourrait s’élever jusqu’à 3 000 milliards de dollars.

Les chiffres avancés sont corroborés par ceux du Conseil national américain de la recherche, relayé par National Geographic, et par ceux de la NASA, qui évaluent les dégâts à 2000 milliards de dollars « pour la première année seulement » suivant l’arrivée d’une super tempête. L’effondrement du réseau électrique provoquerait des pannes en cascade, affirme un rapport financé par la NASA : « La distribution d’eau serait affectée en quelques heures, la nourriture périssable et les médicaments serait perdus en 12 à 24 heures, le chauffage, l’air conditionné, le traitement des eaux usées, les services téléphoniques, la distribution de carburant » devraient également sauter, entre autres joyeusetés… Les satellites seraient également mis hors service et les oléoducs et gazoducs pourraient aussi être atteints, leur oxydation étant accéléré par l’évènement selon les explications du journaliste scientifique Pierre Barthélémy, cité par L’Obs.

Si les dégâts sont inévitables, nous avons tout de même une certaine marge de manoeuvre pour protéger le matériel sensible et limiter la casse. À condition d’anticiper le blackout, surtout quand on sait que l’irruption de 1959 a atteint la Terre en à peine 17 heures…

On pense que « le big », quand il frappe (environ tous les 500 ans, voire moins) serait assez puissant pour assommer les systèmes électriques et de communication à travers la Terre pendant des jours, des mois, voire des années – totalement HS les réseaux électriques, satellites, GPS, Internet, téléphones, systèmes de transport, opérations bancaires, etc…

Cela ressemble à quelque chose d’un film catastrophe, mais ce n’est pas la fiction.

« Personne ne sait quand la prochaine super tempête solaire interviendra. Cela pourrait être dans 100 ans ou juste dans 100 jours »

La NASA veut aussi envoyer une sonde l’an prochain en direction du Soleil. Solar Probe Plus doit s’aventurer plus loin que jamais dans l’atmosphère solaire pour améliorer nos connaissances des activités mouvementées de notre étoile. « Les deux outils devraient augmenter la durée d’alerte de 48 minutes à 48 heures afin de pouvoir protéger nos communications, satellites GPS, réseaux électriques et Internet », précise Discovery Science.

« Un événement de l’ampleur de [Carrington] pourrait être catastrophique si cela arrivait demain », a déclaré Francis O’Sullivan, directeur de la recherche pour l’Initiative Energie du MIT, à CNET la semaine dernière.

adaptation TDF

extraits et sources : https://usbeketrica.com/ / https://www.sciencealert.com/

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