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Mission InSight sur Mars

« On va peut-être avoir des surprises », dit un planétologue.

François Forget, planétologue et spécialiste de la planète Mars, nous explique comment un sismomètre, construit par une entreprise française, se posera sur Mars et écoutera les entrailles de la planète rouge.

C’est une aventure fascinante. La sonde Mars InSight se posera ce lundi 26 novembre, au soir, sur Mars. Cet engin de la Nasa écoutera battre le cœur de la planète rouge. À l’intérieur, se trouve un sismomètre fabriqué par une entreprise française.

Mais avant de commencer ses analyses, la sonde va devoir se poser. Une épreuve difficile, que seuls les Américains ont réussi jusqu’ici. « Après quelques mois de croisière depuis la Terre, d’où elle a été lancée au mois de mai, elle arrive vers Mars à la vitesse de 20.000 km/h », explique François Forget. « À l’idée d’un bouclier thermique, la sonde ralentira. À 11.000 mètres d’altitude, elle ouvrira un parachute pour être freinée, allumera des rétrofusées et se posera sur la surface grâce à trois pieds ».

Difficulté supplémentaire : la latence de communication de 8 minutes ne permet pas de « piloter » le module depuis la Terre. Tout est automatique, la sonde se posera grâce à un programme informatique embarqué, et les Terriens ne seront que spectateurs. « On ne pourra récupérer les informations qu’au fur et à mesure que les étapes seront franchies. On ne pourra rien faire et on croise les doigts », détaille le spécialiste.

Comprendre l’origine de la planète
L’objectif de cette mission : écouter les vibrations pour scanner la planète de l’intérieur. Une première pour la planète rouge. « InSight n’est pas du tout la première mission qu’on envoie sur ou autour de Mars. Mais ce qu’on n’a jamais fait, c’est de regarder à l’intérieur de Mars ».

« Les météorites qui frappent la surface, le magma qui se déplace à de grandes profondeurs ou qui se déplace le long d’une faille peuvent causer des ondes sismiques sur Mars », élabore l’agence spatiale américaine. En enregistrant les ondes qui traversent la planète, puis en les étudiant, les scientifiques pourraient non seulement en déterminer la cause, mais connaître la composition interne de Mars.

Le spécialiste prend pour exemple notre planète bleue, que l’on connaît déjà sous (presque) toutes les coutures. « On connaît déjà l’intérieur de la Terre, et on va désormais pouvoir le faire sur Mars pour avoir l’exemple d’une autre planète rocheuse, un peu plus petite et différente ». Le spécialiste se veut optimiste : après avoir « disséqué » les différentes couches de la planète rouge, il se peut que les scientifiques aient « des surprises » : « On va peut-être devoir réécrire les livres de sciences naturelles ! »

Comprendre pourquoi la planète rouge est devenue si hostile, pourquoi les volcans se sont éteints et les lacs se sont asséchés, c’est l’intérêt de la mission, qui pourra être réalisée grâce à un sismomètre.

Un sismomètre français sur Mars
Le sismomètre Seis, conçu par l’entreprise française Sodern, sera déployé grâce à « un bras automatique qui va le prendre, le poser à la surface, le calfeutrer, le recouvrir d’une cloche pour qu’il soit plus sensible au vent ». L’opération, qui pourra cette fois être dirigée depuis la Terre, risque d’être longue : le chercheur estime que le sismomètre pourra commencer à travailler en décembre, voire en janvier 2019.

En revanche, des photos, qui pourraient se révéler instructives, pourront être prises et envoyées à la Terre dès les premiers instants.

sources : https://www.rtl.fr/ / https://www.numerama.com

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