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L’intensité solaire : le Faux Débat

Depuis des décennies, nous parlons d’intensité solaire pour justifier les assauts de vagues de froid dans les pays. Mais en vérité, quelle est réellement son influence sur le climat et surtout sur quel facteur agit il ?

Nous verrons les probabilités de son influence cette année et l’oscillation nord atlantique qui est si durement touchée…

Mais tout d’abord il est bon de rappeler ceci :

Des scientifiques spécialisés dans le réchauffement climatique ont détecté les premiers signes concrets d’un ralentissement du Gulf Stream — le courant océanique puissant qui protège la Grande-Bretagne et l’Europe d’un petit age glaciaire.

L’influence solaire n’est plus à en douter mais comment donc cette activité influe réellement sur la planète et surtout nous concernant, sur l’Atlantique Nord. Il est bon de rappeler qu’il existe une oscillation nord atlantique qui joue une influence primodiale sur l’Europe.

Mais voici l’Histoire de sa découverte :

Vers 1920, en quête d’outils de prévision, deux météorologues, l’Autrichien Friedrich Exner et l’Anglais Sir Gilbert Walker, se sont intéressés aux relations entre les différents grands centres de pression atmosphérique, les téléconnexions. Ils ont ainsi découvert des équilibres à grande échelle très étonnants: si seul Sir G. Walker a observé l’oscillation australe dans le Pacifique qui fera reparler d’elle avec le phénomène El Nino et en Europe, ils ont tous deux détecté l’oscillation nord-Atlantique, désormais plus connue sous son acronyme anglais, NAO (pour « North Atlantic Oscillation »). Celui-ci désigne un véritable balancier atmosphérique entre l’anticyclone des Açores et la dépression islandaise, les deux pôles de l’océan Atlantique Nord.

Friedrich Exner et Sir Gilbert Walker avaient déjà remarqué le rythme assez lent de ces oscillations, saisonnier et même parfois décennal, très intéressant pour la prévision. Mais c’est seulement dans les années 1970 que Harry Van Loon et Jeffrey Rogers, deux météorologues américains, ont commencé à étudier l’évolution temporelle et géographique de ce remarquable phénomène, qui depuis est probablement l’indicateur le plus employé pour établir des prévisions météorologiques hivernales pour la région Europe-Atlantique Nord (1). C’est cette oscillation qui gouverne le régime de vents d’ouest au-dessus de l’Europe et de l’est de l’océan Atlantique. Lorsque les pressions sont très basses sur l’Islande et très hautes sur les Açores, la différence est telle qu’elle génère de forts vents soufflant de l’océan Atlantique vers le continent européen. Le climat y est alors sous influence océanique. Au contraire, quand les deux centres sont affaiblis, les vents d’ouest le sont aussi et l’Europe subit les rigueurs du climat continental, particulièrement en hiver.

Un rythme décennal. A la fin des années 1980, le besoin croissant de prévision saisonnière ou interannuelle et la nécessité de comprendre les variations climatiques du passé ont conduit à une véritable explosion des recherches sur le NAO à travers l’Europe et les États-Unis. De nombreuses collaborations interdisciplinaires entre climatologues, océanographes, géographes, botanistes, historiens etc., se sont organisées (2).

Qu’a-t-on appris ? Tout d’abord, ces travaux ont montré que le NAO était bien responsable d’une grande partie des variations climatiqueshivernales, saisonnières, voire décennales, dont le terrible hiver 1962-1963 est un exemple. Et comme El Nino, le NAO oscille entre deux états ou modes. Le mode positif correspond à une différence de pression plus importante que la normale entre l’Islande et les Açores, autrement dit les plateaux de la balance sont beaucoup plus décalés, tandis qu’en mode négatif ils se rapprochent (3) (fig. 1 ). A quel rythme passe-t-on de l’un à l’autre ? Ici, le NAO diffère de son grand frère du Pacifique. Les événements El Nino reviennent périodiquement tous les trois à sept ans, tandis que dans l’Atlantique Nord les oscillations sont beaucoup moins régulières. Les observations indiquent en effet que les épisodes peuvent durer de deux à vingt ans et même plus. La courbe des indices NAO montre clairement que ces quarante-cinq dernières années ont connu deux périodes très longues et assez homogènes. Le mode négatif a prédominé entre 1953 et 1974 environ, période pendant laquelle les hivers européens, en particulier ceux de 1956 ou de 1962, ont été assez rigoureux. Ces hivers rudes expliquent, entre autres, les importants investissements pourl’aménagement des stations de ski alpines, même dans des régions d’altitude inférieure à 1 500 mètres. Mais depuis 1974, le mode positif est prépondérant. Ainsi, les vents d’ouest ont été plus forts, les pluies plus abondantes sur l’Europe du Nord, et les Alpes et les Pyrénées ont connu un climat hivernal plus chaud et plus sec(4). Mais depuis 1995 un changement graduel est observé. Serait-ce le début d’une nouvelle phase qui annoncerait des hivers moins cléments ? Il est encore trop tôt pour se prononcer .

Flip flop inexpliqué. Comment et pourquoi le NAO bascule-t-il d’un mode à l’autre ? Là aussi, malgré toutes les études, la question resteouverte et le mécanisme de flip flop bien mystérieux. Aujourd’hui de nombreuses équipes cherchent à savoir à quel point l’atmosphère estl’unique responsable de ce phénomène et dans quelle mesure les interactions entre l’atmosphère, l’océan, les glaces peuvent intervenir.Beaucoup d’efforts ont également été consacrés à la recherche d’une relation entre El Nino et le NAO, mais jusqu’à présent aucune de cesétudes n’en a établi(5). Il semble plus prometteur d’étudier les relations existant entre les divers facteurs de forçage climatique, autrement dit les événements qui peuvent perturber la tendance générale, et les deux modes du NAO. Il yen a trois principaux.

Le premier est l’intensité de l’activité solaire: les travaux sur l’épisode climatique appelé Minimum de Maunder, période froide entre 1640 et 1715, suggèrent en effet qu’en phase de faible activité solaire, le transport d’énergie entre les tropiques et les latitudes moyennes diminue. Résultat, la circulation générale océanique, en particulier le Gulf Stream, serait ralentie, et le NAO resterait plus ou moins en mode négatif.

L’activité volcanique est le second perturbateur climatique, plus particulièrement lorsqu’il s’agit de violentes éruptions dans les régions tropicales, capables d’affecter le climat de la Terre pendant deux à deux ans et demie. On sait, depuis l’éruption explosive du Tambora en Indonésie en 1815, qu’en émettant des quantités gigantesques d’aérosols au-delà de l’atmosphère, les éruptions peuvent entraîner des étés très froids pendant un ou deux ans. Il semble aussi qu’elles puissent conduire à un réchauffement des couches atmosphériques, et ainsi renforcer la différence de température entre les tropiques et les latitudes moyennes. Elles seraient ainsi à l’origine d’un plus fort régime de vents d’ouest avec prédominance d’un NAO en mode positif. L’augmentation des gaz à effet de serre modifiera-t-elle l’équilibre atmosphérique, actuellement garant d’hivers doux au nord de l’Europe?

Enfin, quelle est l’influence de l’augmentation de la concentration en gaz à effet de serre sur le NAO ? Les réponses données par les modèles globaux restent très controversées. Toutefois, une très grande partie de ces résultats indiquent qu’une élévation de la concentration de CO2 se traduit par une augmentation de l’énergie dans le système atmosphérique et par conséquent, génère de plus forts vents d’ouest. Donc, si l’effet de serre augmente, il faut s’attendre que le NAO reste en mode positif pendant les prochaines années, avec pour conséquence des hivers pluvieux et ventés en Europe du Nord, chauds et secs dans le Sud. Mais c’est loin d’être une prédiction sûre! Ce n’est qu’un scénario climatique, c’est-à-dire une description physique cohérente d’un éventuel climat futur. En cas de forte augmentation de la concentration en gaz à effet de serre, la NAO restera-t-il en mode positif comme le proposent les météorologistes allemands Hans Graf et Judith Perlwitz ? Pour le moment, rien ne permet de le confirmer, et la tendance qui semble se dessiner le démentirait plutôt. L’explication de la durée et de l’enchaînement de ces épisodes se cache très probablement dans l’interaction complexe entre l’atmosphère et l’océan, ce dernier ayant sans doute une influenceimportante sur le rythme décennal. Le programme mondial de recherche CLIVAR* qui vient juste de débuter devrait nous permettre de résoudre cette énigme et d’atteindre l’un des objectifs majeurs aujourd’hui: établir de façon précise des prévisions saisonnières du climat européen. Le NAO pourrait bien être la clé de la réussite !

Nous l’aurons donc parfaitement compris, l’intensité solaire influe sur la circulation océanique et nous revenons donc sur le Gulf Stream. Ce même Gulf Stream si malade et qui s’arrête.

De nouvelles questions arrivent : comment va se comporter ce courant avec une intensité solaire qui l’aide à freiner ? Il est difficile de dire que suite à « l’aide » apportée par le soleil et ses colonnes du tapis roulant qui sont devenues inexistantes, le Gulf Stream risque d’avoir du mal à reprendre sa route normale le long de la Scandinavie. Tout ceci nous préparait il à des hivers très froids ? Il est encore difficile d’y répondre, mais le Gulf Stream ne sera pas aidé et l’oscillation nord atlantique est dore et déjà prévue pour être négative cet hiver.

Source : http://metamiga.free.fr/Meteo_applique/noa.htm

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