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L’événement de Carrington de 1859

L’éruption solaire de 1859 est une série d’éruptions solaires ayant eu lieu à la fin de l’été 1859 et ayant notablement affecté la Terre. Elle a notamment produit de très nombreuses aurores polaires visibles jusque dans certaines régions tropicales et a fortement perturbé les télécommunications par télégraphe électrique. Elle est considérée comme la plus violente tempête solaire enregistrée ayant frappé la Terre. Sur la base de certaines observations, ce type d’événement serait susceptible de se reproduire avec une telle violence seulement une fois tous les 150 ans.

 

 

 

 

 

 

Survenue en 1859, elle s’est accompagnée d’une éjection d’un plasma de particules qui a atteint la Terre en seulement 17 heures (le temps du trajet pour ce genre de colère solaire est d’ordinaire de 60 heures).

La bouffée de plasma solaire a alors très fortement comprimé la magnétosphère terrestre, la faisant passer de 60.000 kilomètres à quelques milliers, voire quelques centaines de kilomètres. Le champ magnétique de la Terre s’est brusquement intensifié tout en fluctuant fortement, produisant ce qu’on appelle un orage magnétique. Plus de particules énergétiques ont atteint les sommets de l’atmosphère terrestre et il en a résulté d’incroyables aurores boréales. Ainsi on dispose de témoignages indiquant qu’il était possible de lire un journal en pleine nuit, du fait de la lumière aurorale, jusqu’à des latitudes aussi basses que celles du Panama.

Cette éruption est utilisée comme modèle afin de prévoir les conséquences qu’une tempête solaire extrême serait susceptible de causer aux télécommunications à l’échelle mondiale, la stabilité de la distribution d’électricité et le bon fonctionnement des satellites artificiels. Une étude de 2004 estime que son niveau est supérieur à la classe X10. Une étude publiée en février 2012 évalue les chances de survenue d’un événement semblable à environ 12 % pour la décennie qui suit.

Ce pourcentage reste sujet à discussion. Cependant, là où, en 1859, nous n’avions qu’un réseau de télégraphes, nous avons aujourd’hui:

Le réseau électrique,

Le téléphone,

Le câble,

Les réseaux informatiques et l’Internet en particulier,

Les réseaux mobiles,

Les satellites,

Des milliards d’appareils alimentés par le réseau ou par des batteries, enclenchés ou en mode veille.

Il n’existe à notre connaissance aucune réglementation quant à la protection des appareils contre ce genre de turbulences électro-magnétiques exceptionnelles. Vous vous doutez bien que ce ne sont pas les fabricants qui y vont y aller de leur petite initiative pour blinder systématiquement leurs appareils contre ces risques exceptionnels. C’est évident, ces opérations-là ont un coût, le marché est hyper-concurrentiel et si personne ne légifère, il ne se passera rien. Tous les appareils allumés ou en veille à portée de l’orage magnétique vont mourir de leur petite mort. En espérant qu’ils n’explosent pas dans votre poche. En d’autres termes, si vous avez laissé votre PC allumé ce jour-là, vous avez intérêt à avoir une copie de  vos données quelque part pour ne pas tout perdre. Sur un disque éteint s’entend et idéalement un support non-magnétique, genre DVD ROM. Votre smartphone? Bin oui, à moins qu’il ne soit éteint au moment où tout le monde paniquera et voudra appeler ses proches, il passera aussi à la casserole… A moins que vous ne vous trouviez dans un avion au moment fatidique… Mais dans ce cas, ce problème de smartphone paraîtra bien dérisoire. Même éteint, il ne survivra sans doute pas au très probable crash (tant les avions aujourd’hui et les moyens de transport en général sont dépendants de l’électronique)…


Et sur Terre, ce ne sera pas forcément beaucoup plus joyeux. Pensez plutôt: toute notre économie se base maintenant sur des flux financiers virtuels, du paiement par carte au supermarché du coin jusqu’au versement de votre salaire sur votre compte bancaire ou postal. Le temps de remonter le système après la catastrophe, pour autant qu’on ait encore les données quelque part sur un support exploitable, on pourrait en avoir pour des semaines à bouffer des biscuits de l’armée avant que l’économie ne re-décolle.

En juin 2011, des responsables réunis au National Press Club de Washington DC se sont posés la question : Que se passera-t-il si ça devait de nouveau arriver ?

« Un orage magnétique de cette ampleur pourrait nous mettre KO, » affirme Lika Guhathakurta, spécialiste en physique solaire de la NASA. « La société moderne s’appuie sur des systèmes sophistiqués tels que les réseaux électriques intelligents, les GPS, et les communications par satellite, qui sont tous vulnérables aux tempêtes solaires. » Lika était présente au cinquième forum annuel de l’espace dédié au climat, le Space Weather Enterprise Forum (SWEF) en compagnie d’une centaine de collègues. Le but de SWEF est de mettre en lumière les phénomènes climatiques de l’espace et leurs conséquences pour l’homme, pour interpeller les politiques et responsables de la prévention des catastrophes. Le forum a réuni des élus du Congrès américain, de la Federal Emergency Management Agency (FEMA), des opérateurs électriciens, des représentants des Nations Unies, de la NASA, du NOAA et de nombreuses personnalités de tous horizons.


Par rapport à un tel épisode type 1859, cela ne serait que peu de chose face à une tempête solaire 20 fois plus puissante, comme celle qui pourrait s’être abattue sur Terre en l’an 774, selon le cosmologiste Adrian Melott, de l’Université de Lawrence (Kansas – Etats-Unis), et Brian Thomas, astrophysicien à l’Université Washburn de Topeka (Kansas – Etats-Unis). A l’époque, l’événement n’a pas été catastrophique, vu l’absence de technologies, « mais dans notre cas, les victimes se compteraient par centaines de millions et l’Humanité ferait un bond en arrière de 150 ans… » souligne Adrian Melott.

En 2012, une puissante tempête solaire a manqué la Terre de justesse et aurait pu sérieusement perturber tous les réseaux électriques et « renvoyer la civilisation contemporaine au XVIIIe siècle », avait révélé en juillet dernier la Nasa. La tempête, qui s’est produite le 23 juillet 2012, était la plus puissante depuis 150 ans. L’académie américaine des sciences a estimé que l’impact d’une tempête de l’ampleur de celle de 1859 connue comme l’événement de Carrington, coûterait à l’économie mondiale 2 000 milliards de dollars et causerait des dégâts d’une ampleur inédite si elle devait se produire aujourd’hui dans un monde dépendant entièrement de l’électricité et de l’électronique.

« Nous vivons une époque privilégiée de la climatologie de l’espace, » note Antti Pulkkinen, chercheur au laboratoire climatologique de l’Espace Space Weather Lab. « Le développement récent de modèles scientifiques basés sur la physique nous permet d’anticiper ces cataclysmes. »

Le cycle solaire de 1859 (le cycle solaire 10) était un cycle faible, typique des cycles solaires du 19e siècle. Ces cycles étaient largement inférieurs à la moyenne des cycles solaires de l’ère spatiale, qui étaient des cycles intenses. Le cycle solaire 24, celui que nous traversons actuellement, présente un nombre de tâches noires en régression, proche de celui du cycle 10. La sortie du cycle est attendue pour 2015, un moment où les tempêtes solaires sont les plus puissantes.


sources : http://fr.wikipedia.org/ / http://www.futura-sciences.com/

http://www.podcastscience.fm/ / http://www.notre-planete.info/

http://www.ouest-france.fr/

 

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