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L’Europe d’il y a 5 millions d’années était chaude et humide

Dans le thème des réchauffements climatiques du passé, voilà une période des plus intéressantes : Le Pliocène inférieur. Tout au long du Cénozoïque, période allant de -65 millions d’années à aujourd’hui, la Terre a connu de longues séquences chaudes et humides, bien que le système climatique se soit progressivement refroidi depuis l’extinction des dinosaures. La période la plus chaude qu’ait connu le Cénozoïque s’est produite au cours de l’Eocène il y a 50 millions d’années. D’autres optimums climatiques, de moindres ampleurs, ont suivi celui de l’Eocène, notamment au Miocène moyen (entre -17 et -14 millions d’années), mais aussi au Pliocène inférieur il y a environ 5 millions d’années.

Au début du Pliocène, la température à l’échelle mondiale est plus élevée de 2 à 4 degrés par rapport à l’époque préindustrielle. Les concentrations en CO2 de l’ordre de 400 ppm (parties par millions) sont, quant à elles, identiques à celles d’aujourd’hui.

 

En Europe, les conditions climatiques sont globalement chaudes et humides par rapport à aujourd’hui, que ce soit en Europe centrale, occidentale ou nord méditerranéenne (forêts subtropicales, à feuillage persistant essentiellement) tandis que le climat est plus sec sur le sud du bassin méditerranéen et la péninsule ibérique (steppes et paysages subdésertiques).

En France, sur la façade atlantique, les forêts subtropicales essentiellement composées de cyprès chauves (Taxodium distichum) s’étendent le long des zones côtières et marécageuses. Très peu présentes en Europe de nos jours car réintroduites par l’Homme, ces forêts d’arbres pouvant atteindre 50 mètres de haut prospèrent au sud-est des Etats-Unis aujourd’hui, et plus particulièrement en Louisiane. Au Pliocène inférieur, de vastes landes et des pinèdes occupent également les régions du nord-ouest et du nord de la France.

Quant à la moitié sud de la France, les habitats sont plus diversifiés du fait de l’influence des reliefs et de la mer. En plaine, la température moyenne annuelle avoisine 18°c pour un cumul pluviométrique sur l’année de 1000 mm environ. Ainsi, les reliefs sont pourvus de forêts de sequoia (à basses altitudes), de cèdres (à moyennes altitudes), de sapins et d’épicéas (à hautes altitudes). Les plaines, quant à elles, sont peuplées de formations arborescentes subtropicales de type Glyptostrobus (ou Cyprès chinois des marais) sur les zones littorales et marécageuses. Ailleurs, en plaine, notamment dans le sud-ouest de la France, les forêts ouvertes de xérophytes (dont chêne vert) sont localement omniprésentes. Le sud de la France possède également à cette époque quelques laurisylves (forêts de lauriers accompagnés d’autres essences ligneuses à feuillage persistant).

Les laurisylves et les forêts marécageuses zancléennes ont totalement disparu en France, il y a 3,6 millions d’années, du fait de l’apparition d’une saison sèche beaucoup plus affirmée et de la baisse de la pluviométrie ainsi que des températures, préfigurant ainsi la naissance du climat méditerranéen actuel. Certains vestiges de ces forêts de lauriers existent aujourd’hui, notamment à Madère, aux Iles Canaries, ou encore dans l’extrême sud de l’Espagne.

source : https://www.meteocontact.fr/

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