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Les rayons cosmiques agiraient fortement sur le climat

Des chercheurs viennent d’exhumer un processus inconnu jusqu’ici de formation de nuages à partir du rayonnement cosmique. Il devrait être intégré aux modèles climatiques.

On savait déjà que l’atmosphère terrestre reçoit en permanence des rayons cosmiques, soit des particules chargées (électrons, ions) venant notamment du Soleil ou de supernovæ proches et qui n’ont pu être détournées par notre champ magnétique. L’on n’ignorait pas non plus que ces particules très énergétiques interagissent avec les molécules atmosphériques.

Mais jusque-là les scientifiques considéraient que l’action de ces particules sur la dynamique de formation des nuages était négligeable. Or une étude théorique et expérimentale vient de démontrer, au contraire, qu’elles y contribuent fortement. Et donc qu’elles influencent le climat.

Couverture nuageuse et climat global
Quand un nuage s’interpose entre le Soleil et nous, notre peau ressent immédiatement une chute de température. Le même phénomène advient à l’échelle atmosphérique : la couverture nuageuse tend à refléter (vers l’extérieur) les rayons du Soleil, ce qui diminue donc le taux de chaleur absorbée par la « peau » de la Terre, l’atmosphère.

De fait, à l’échelle globale, la couverture nuageuse est un des facteurs essentiels du refroidissement de l’atmosphère, comme la concentration de CO2 l’est du phénomène de réchauffement.

Mais si ce paramètre de couverture nuageuse est bien pris en compte dans les modèles de prévision climatique, ceux-ci n’intégraient pas jusqu’ici son taux d’accroissement dû à l’action des particules cosmiques.

Les noyaux de condensation
Dans leur nouvelle étude les chercheurs ont tracé l’enchaînement des réactions atmosphériques qui, à partir d’une particule cosmique, produit des « noyaux de condensation » nuageux, et démontré que ce processus peut aller jusqu’à augmenter la couverture nuageuse de 50%.

En effet, la naissance d’un nuage est loin d’être une affaire simple : pour que la vapeur présente dans l’atmosphère puisse se condenser en ces fines gouttelettes d’eau qui forment les nuages, il faut un démarrage : un noyau solide.

Celui-ci peut être fait de molécules, de bactéries, de sable ou poussières, et doit être suffisamment grand (plus de 50 nm de diamètre) pour que les molécules d’eau s’y agglomèrent malgré l’effet d’évaporation qui tend à les séparer. Sans ce noyau, point de condensation. Sans condensation, point de nuages.

Un phénomène qui compte
Or les chercheurs ont découvert que ces rayons cosmiques produisent une chaîne de réactions qui fait grandir de minuscules agglomérats (de moins de 20 nm) d’acide sulfurique et molécules d’eau présents naturellement dans l’atmosphère, les aérosols, jusqu’à atteindre la taille critique pour la formation de nuages.

Bref, ils ont déniché un processus inconnu de production de nuages… qui n’était pas jusqu’ici pris en considération dans les modélisations de la dynamique climatique.

Théorie et expérience
Joignant la théorie à la pratique, ils ont reproduit ce phénomène dans une chambre à brouillard mitraillée par des particules de type cosmique. Le résultat (formation de noyaux de condensation) coïncidait avec les prévisions de leur modèle.

Ils ont également passé en revue 2 ans de données sur la couverture nuageuses, sur l’activité solaire, sur le taux de rayons cosmiques mesurés, et ont montré que ces données étaient cohérentes avec leur modèle.

Ils ont même lié ce phénomène au « petit age glaciaire » qu’à connu la Terre à partir du XIIIe siècle suite à un changement de l’activité du Soleil…

source : https://www.science-et-vie.com/

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