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Les eaux usées transformées en biocarburant

Un procédé de récupération du méthane des eaux usées est en test à la station d’épuration. Objectif : fournir de quoi faire rouler tous les bus de France dès 2023.

t si demain vous preniez un bus qui roule grâce à vos eaux usées ? C’est le défi que lance le Siaap, en partenariat avec le groupe Suez. Hier, le Syndicat intercommunal d’assainissement de l’agglomération parisienne présentait avec ses partenaires à Valenton, sur le site de son usine Seine Amont, le prototype BioGNVAL. Une solution qui permet de valoriser les eaux usées qui arrivent à la station d’épuration, 800 000 m3 par jour, et de les transformer en biocarburant liquide, « une énergie écolo, facilement stockable et transportable ». Ce projet innovant a coûté moins de 3 M€.

biogaz

Les ambitions du projet

Le Siaap a souhaité valoriser le biogaz issu des boues d’épuration : 65 % de méthane et 30 % de gaz carbonique. 75 % sont réinjectés pour alimenter les installations. Mais le reste est torché (brûlé sur place). En 2013, le Siaap et Suez se lancent dans BioGNVAL. « C’est une première en France, qui illustre notre volonté de répondre au défi de la lutte contre le réchauffement climatique », présente Belaïde Bedreddine, président (PCF) du syndicat.

Comment ça marche ?

Le principe est simple : le biogaz est épuré par cryogénie, un procédé développé par l’équipementier Cryo Pur, qui permet de séparer les molécules de méthane et de CO2. Le biométhane obtenu est ensuite liquéfié à – 120 °C, afin de réduire son volume. Au final, BioGNVAL permet d’obtenir du bioGNL (ou biométhane liquide) et du bioCO2 purs, à plus de 99 %.

Quels débouchés ?

Le bioGNL peut être utilisé pour le transport de personnes (bus) et de marchandises avec des camions disposant d’une autonomie de plus de 700 km. Mais ce biocarburant peut aussi être distribué dans des stations-service de gaz naturel — comme à Rungis — ou auprès d’industriels. Même des agriculteurs peuvent utiliser le bioCO2, pour doper les cultures sous serre. A l’international, ce projet intéresse. Cryo Pur est en pourparlers avec le Royaume-Uni, l’Italie et les Pays-Bas.

A quand l’industrialisation ?

« Valenton peut produire une tonne de bioGNL par jour, soit le plein de deux camions et 1,5 t de bioCO2 par jour. L’objectif, à l’horizon 2023, est de produire du biométhane pour 30 000 bus, sachant que 25 000 bus roulent en France », indique Pierre Coursan, chef de marché chez Suez. Mais les industriels attendent toujours la réglementation. Les textes prévoient une tarification seulement pour la réinjection de biogaz dans les réseaux.

source : http://www.leparisien.fr/

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