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Le Sahara reverdit III

sahel reverdissement

Depuis 2004, nous constations un reverdissement du sahel à contrario de tous les dires médiatiques. Ainsi certains scientifiques nous apportaient à l’époque cette recherche : « Le Sahel reverdit ! Ce n’est pas une incantation, mais une tendance bel et bien observée par des chercheurs qui ont dépouillé quinze ans de photographies satellites de la région. Ces géographes européens affirment que les terres cultivables commencent à reprendre progressivement du terrain. Une bonne nouvelle ! Décidément le changement climatique ne ressemble à aucun scénario prévu… ». En 2010, la situation se confirme. Aujourd’hui, en voici les explications…

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Dans le bassin-versant du Bani, au Mali, on observe par télédétection une tendance à l’augmentation de l’indice de végétation sur les vingt-cinq dernières années. Ce verdissement, constaté dans la plupart des études menées en Afrique de l’Ouest, ne s’accompagne pas d’une augmentation significative de la pluviométrie. Comment expliquer cette tendance ? Selon une équipe du Cirad, elle pourrait résulter de la dynamique de la végétation naturelle et non d’un changement dans l’utilisation des sols comme cela est souvent mis en avant.

Dans le bassin-versant du Bani, qui s’étend sur 130 000 kilomètres carrés au Mali, une équipe du Cirad et ses partenaires ont suivi la dynamique de la végétation de 1982 à 2006 afin de comprendre les causes du verdissement du Sahel. Ce suivi a été réalisé en examinant des séries d’images d’indice de végétation satellitaire (NDVI, normalized difference vegetation index), un bon indicateur de l’activité photosynthétique des surfaces. L’évolution de cet indice est analysée en fonction de la pluviométrie et des changements d’occupation du sol, les deux principaux déterminants de la dynamique de la végétation dans la région soudano-sahélienne.

Sur la période 1982-2006, aucune évolution de la pluviométrie annuelle n’a été mise en évidence à l’échelle du bassin-versant. En revanche, on observe une augmentation des surfaces cultivées, qui passent de 13 % à 23 % entre 1985 et 2000. L’analyse de ces résultats n’a cependant pas permis de trouver un lien univoque entre le verdissement du bassin et les changements d’occupation du sol.

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Le développement des cultures n’expliquerait le verdissement que dans le nord du Bani, en zone sahélienne, où les cultures présentent un indice de végétation supérieur à celui de la végétation naturelle. Le verdissement dans le bassin-versant serait donc essentiellement lié à la dynamique de la végétation naturelle.

Cette dynamique dépendrait, en fait, de la distribution des pluies au cours des vingt-cinq dernières années et non de leurs tendances. En effet, si les pluies sont devenues déficitaires de 2000 à 2006, elles avaient augmenté de 1982 à 1999. Les plantes pérennes ont pu profiter de cette augmentation et rester vivaces pendant la période sèche qui a suivi.

Cette étude démontre les limites des analyses de tendance en télédétection et climatologie fondées sur des relations linéaires, qui sont des modèles trop simplistes pour reproduire correctement les phénomènes écologiques et géographiques en jeu.

source : http://www.cirad.fr/

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