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Le mensonge des OGM

CERTAINS DOUTAIENT QU’ELLE SURVIENNE, MAIS, EN FIN DE COMPTE, LA CONTAMINATION GENETIQUE A EU LIEU.

Rappel d’un article sur le sujet sur la Terre du Futur :

Les Vraies conséquences des Ogm

Sky News l’annonce dans un article du 25/07/05 (en anglais) : ” La première super mauvaise herbe mutante a été découverte au Royaume-Uni – résultat d’un croisement entre du colza génétiquement modifié et une mauvaise herbe ordinaire “….

Dans le cadre d’une étude officielle, des chercheurs ont trouvé, sur l’un des sites test, une version génétiquement modifiée de “moutarde” (une mauvaise herbe courante) un an après des expérimentations de colza rendu résistant à un herbicide par manipulation génétique.

La plante étudiée s’est révélée résister à l’herbicide en question et contenir le gène qui avait été inséré dans le colza transgénique.
Selon Sky News, c’est le premier cas connu d’un tel événement et cela contredit les affirmations scientifiques précédentes selon lesquelles la “moutarde” était peu susceptible de croisement avec le colza [1].

Certains concluent que, si le colza OGM faisait l’objet d’exploitation commerciale [2], la mauvaise herbe résistante à l’herbicide se répandrait.
Emily Diamand, responsable OGM des Amis de la Terre, a déclaré à ce sujet : ” Nous voyons là la possibilité effective que des super mauvaises herbes transgéniques soient créées, avec des conséquences graves pour les agriculteurs et l’environnement “.

[1] Dans un article paru le 25/07/05 BBC News a, pour sa part, relativisé l’information, expliquant qu’une seule plante mutante avait été découverte.
[2] La firme Bayer a soumis à la Commission Européenne 2 demandes de culture de colza OGM.

REMARQUES UTILES :

1) A PROPOS DE LA MOUTARDE

– C’est un problème qui peut concerner la plupart des régions signataires de la charte de Florence.

Par exemple, certaines années et en certains lieux dans le nord de la France et en Picardie et en région parisienne ou dans l’est, on trouve beaucoup de moutarde sauvage, dont des variétés très vigoureuses.
La moutarde sauvage est une plante solide et rustique des régions ” tempérées ” (on la trouve jusqu’en Afrique du Nord quand même).

Ses tiges portent de belles fleurs jaunes. Elles sont assez dures et atteignent souvent 1 m et plus dans les champs et jusqu’à un bon 2 m de hauteur sur les friches, talus, berges ensoleillées. Les tiges des variétés les plus hautes sont de l’épaisseur d’un pouce à la base et sont même difficile à couper à l’automne (presque dures comme du bois, ce qui n’est pas courant chez les dites “mauvaises herbes”).

Il en existe différentes variétés sur tous les continents (dont certaines réputées assez récemment introduites, comme en Amérique du nord – où justement l’on cultive le plus de colza transgénique). Les graines se dispersent facilement et ont une assez longue durée de vie (10 ans au moins) lorsqu’elles sont enfouies dans le sol où elles attendent d’être remises à jour pour germer. Sa croissance rapide lui donne un avantage sélectif sur les terrains nus ou fraîchement travaillés.

On la trouve notamment dans certaines friches, terrains de dépôt, sites de stockage de matériaux, le long de voies ferrées et de canaux (canal du bassin minier par ex) où elles semblent être certaines années favorisées.. par des travaux de terrassement, de mise à nu de la terre et/ou l’application de désherbants totaux justement.. (dont le roundup souvent !)
Bref..

2) QUEL EST LE PROBLEME ?

Les conditions sont réunies pour qu’en cas d’apparition en Grande Bretagne, en Belgique, Allemagne et Nord de la France il y ait dissémination rapide du transgène (cf du type de résistance décrite ci dessus et contexte de réseaux denses de routes, voies ferrées et canaux),
par les pollinisations croisées et/ou ventes de semences contaminées si la plante est déjà propagée
le long des axes de transport (dont axes routiers qui sont parfois fleuris de moutarde sauvage et/ou colza agricole échappé des champs sur des centaines de mètres, voir parfois sur des kilomètres.. et qui sont également en France souvent désherbés).

Pour les non-botanistes, rappelons que cette “super-mauvaise herbe” n’est pas une herbe au sens ou en l’entend classiquement, mais une plante crucifère de la famille du colza et du choux qui peut en climat tempéré atteindre 2 m de haut en quelques mois, et être très vigoureuse.

Toutes les zones désherbées au Roundup en contact ou proche d’une zone où pousserait une moutarde devenue résistante au Roundup peuvent devenir des couloirs préférentiels de propagation si la plante montre des qualités d’invasive, ce qui semble probable. Rappelons que le PNUE et tous les experts considèrent que le problème croissant des espèces invasives est l’une des 3 ou 4 premières causes de régression de la biodiversité.

Il y a 5 ans déjà, dans un reportage de 2001, intitulé “transgenic canola causing big trouble” (22/06/01). La chaîne canadienne CBC, alertait sur le fait que de plus en plus d’agriculteurs canadiens font face à une nouvelle sorte de mauvaise herbe (adventice) quasiment indestructible : le colza modifié génétiquement, qui leur a été vendu massivement depuis 1996, pour les aider à se débarasser… des mauvaises herbes. La multinationale productrice étant réduite à proposer aux fermiers en colère d’envoyer du personnel arracher son colza manuellement expliquait-on aux canadiens.

Cette fois, la différence est que la graine de la mauvaise herbe peut être confondue avec celle du colza dont on extrait notre huile alimentaire (même forme, même taille, même poids, même couleur, seul le goût ou des analyses chimiques la différentie facilement) (voir annexe 1), mais qu’elle n’est pas comestible.

Par ailleurs à cause de ses ” qualités compétitives”, la moutarde (non-ogm) peut fortement réduire le rendement des autres cultures ou de celle du colza (voir fin de l’annexe 2)

+ PROBLEMES JURIDIQUES ?

1) Il y a 10 ans déjà, Jeremy Rifkin (Pdt of the Foundation on Economic Trend / lire ” Le siècle Biotech “) nous alertait sur le problème de la responsabilité morale et juridique posé par les OGM en cas de pollution génétique :

Une contamination globale du colza cultivé générerait et peut-être pour longtemps des coûts économiques directs et indirects, sociétaux et environnementaux qui pourraient être gigantesque.

2) Le gène breveté qui permet à une plante d’absorber le désherbant glyphosage dans en mourir est propriété de son fabricant qui a longtemps nié qu’il puisse échapper à son contrôle.. Or ce fabricant ni le secteur semencier/Agrochimie/science de la Vie/Biotechnologie ne sont pas couvert par les assureurs ou réassureurs qui refusent d’assumer ce type de risque.

Rappel : La moutarde des champs (” normale “, c’est à dire sauvage et non-OGM) est déjà une ” mauvaise herbe ” qui pose problème (chutes de rendement et de qualité => pesticides et techniques culturale très coûteuse. Le colza de printemps, par exemple, peut subir une baisse de rendement de 20 % à cause de la contamination des champs par cette plante, dès 10 plants par m2.

La présence de graines de moutarde des champs dans une récolte de colza impliquent une perte de qualité de l’huile et du tourteau de colza, et cette graine a exactement la forme et la taille de celle du colza cultivé (elle peut donc involontairement être diffusée via les semences). On ne peut les séparer par des méthodes mécaniques traditionnelles. (voir annexe 3)

Les fabricants vont-ils continuer à attaquer en justice les agriculteurs (ou bientôt toute personne qui possèderait sur sa propriété foncière ce transgène sans l’avoir acheté, voire sans le savoir) ?.. comme cela se fait de plus en plus en cas de découverte (ou dénonciations) de présence d’ogm chez des agriculteurs qui n’on pas payé le droit de les cultiver.

3) D’AUTRES QUESTIONS PROSPECTIVES SE POSENT :

– Si ce type de contamination croisée est découvert au Royaume-Uni, même si pour l’instant rare et à des très faibles taux de contamination, on peut supposer qu’il s’est également produit et peut-être beaucoup plus souvent en Amérique du Nord où une variété de moutarde sauvage dite ” mauvaise herbe ” est commune, et où les cultures d’OGM sont les plus importantes au monde.

– De plus, plus le nombre de pieds est grand, plus il y a de risque que la plante développe des variantes adaptatives qui pourraient renforcer son caractère invasif.

Quel degré d’urgence ou priorité les gouvernements et l’UE doivent ils accorder à ce type de problème ?.

Et quels moyens (observatoire crédible ?) de suivi ?

– De nombreux écologues ont depuis longtemps alerté sur ce risque qui semblent évident à tout ceux qui ont des bribes de connaissance sur les processus de sélection naturelle. Quelqu’un avait écrit il y a 4 ou 5 ans un petit fabliau humoristico-pédagogique qui commençait comme ça et se terminait bien mal. Espérons qu’il ne soit pas prémonitoire.

Une question encore sans réponse est :

Est-ce qu’un avantage adaptato-sélectif de ce type est conservé longtemps dans le génome de la plante si dans la zone où l’on trouve les premières super-mauvaises herbes de ce type, on arrête totalement l’utilisation du pesticide auquel elle résiste ?. Si oui, c’est un vrai problème.
La seule solution ?

Celle qui limite à la fois le risque lié à la pollution transgénique et le risque d’adaptation sélective aux pesticides ” traditionnels ” est l’agriculture bio et intégrée, qui présente bien d’autres avantages aussi, mais qui demande beaucoup de savoirs et savoir-faire, le respect de la biodiversité sauvage et cultivée, la possibilité pour les agriculteurs de sélectionner et produire leurs propres semences et plus de main d’ouvre (ce qui n’est pas nécessairement une mauvaise chose) et reste peu encouragée par les systèmes dominants qui subventionne les intrants et l’homogénéisation plutôt que le travail et la variété des produits naturellement adaptés aux conditions locales.

LE COLZA

C’est une plante à fécondation autogame prépondérante (70% de reproduction par autofécondation) mais 30% de la fécondation est assurée par reproduction par fécondation croisée assurée par les insectes, abeilles notamment).

LE COLZA ALIMENTAIRE..

Il a été amélioré par de longues sélections pour diminuer son taux d’acide érucique qui, à hautes doses, peut se révéler toxique et est pour cette raison limité à un certain seuil par les législations des différents pays ou de l’UE (Une directive pour l’UE fixe une limite maximale pour pour les huiles et les graisses destinées à l’alimentation humaine ainsi que dans les denrées alimentaires additionnées d’huiles ou de graisses : la teneur en acide érucique ne peut dépasser 5 % du total des acides gras dans la phase grasse mais un état membre peut durcir cette norme s’il l’estime nécessaire.

Pour la santé : le colza est réputé intéressant pour ses apports en acides : linoléique et alpha linolénique dits ” essentiels ” qui doivent être fournis par l’alimentation à notre orgnanisme qui ne peut les synthétiser. C’est aussi une source intéressante de vitamine E et gama-tocophérol (anti-oxydants cellulaires).

IL EXISTE UN COLZA INDUSTRIEL ET PEUT-ETRE BIENTOT UNE CHIMERE MOUTARDE-CAPUCINE

L’acide érucique s’il est toxique pour la plupart des animaux (et humains) à forte dose, est cependant recherché par certains industriels (pelliculage de plastique, nylons, lubrifiants et produits pour la photographie). Plus de 1 000 brevets déposés pour l’acide érucique et ses dérivés.

Sa synthèse étant coûteuse, des semenciers espère sélectionner des colzas-usines pour leur faire produire des huiles contenant plus de 85 voire 90% d’acide érucique, ce qui permettrait aux chimiste d’éviter de recourir au fractionnement.

Mais les très hautes teneurs en érucique (plus 80-85 % qui risqueraient d’intoxiquer la plante elle-même) semblent chez le colza difficiles à atteindre pour le moment par procédé classique. Des biotechnologues travaillent donc à le faire produire par des OGM.

Comme la moutarde en produit naturellement, ils ont pensé à insérer un gène (AGÉ) pour augmenter les proportions d’acide érucique de certains colzas dont les promoteurs prétendent qu’ils ne seront pas interféconds avec le colza produisant l’huile de table. (Un AGÉ codeur de gènes de la capucine a déjà été inséré chez l’arabette des dames (Arabidopsis thaliana). Les chimères ainsi crées ont en effet produit 15 fois le taux normal d’acide érucique dans leurs graines. Et un travail est en cours pour exprimer le gène d’AGÉ de la grande capucine, peut-être avec le LPAT du chou-fleur, chez Brassica carinata, moutarde à forte teneur en acide érucique, ” qui peut également être modifié génétiquement assez facilement.

Les laboratoires préparent et parfois testent déjà des colza génétiquement modifié intégrant des résistances aux herbicides, aux insectes, à différentes maladies, la stérilité mâle, l’enrichissement des protéines en lysine ou méthionine, ou encore la modification de la composition en acides gras de l’huile, pour en faire des biocarburants voire des huiles moteur. On a aussi parlé de produire des microparticules de plastique.

Les études d’impacts si elles existent semblent très confidentielles.

ENJEUX ECONOMIQUES

La production oléagineuse (huiles végétales) est dominée par le soja et le palmier à huile qui représentent plus de 50 % de la production mondiale d’huile et de graisses végétales. En zone tempérée les colza et localement le Tournesol dominent. Les principaux producteurs de l’UE sont l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni et la Pologne.

Les tourteaux sont utilisés en alimentation animale. Et l’huile de colza peut aussi être utilisé pour produire des biocarburants dont le bilan écologique est encore discuté (à cause des intrants pesticides et engrais et des impacts globaux de la filière)

Le tourteau de colza en France sert à :
40 % à alimenter des vaches laitières,
40 % à alimenter des porcs,
pour près de 10 % à à alimenter des bovins ” viande “,
pour près de 10 % à alimenter des volailles.

En France (en tonnes en 1999)
Production 632 000
Importation 392 000
Exportation 53 000
Consommation 971 000

Si le colza venait à manquer et qu’on ne revienne pas plus au foin et aux herbages naturels, il faudrait importer encore plus de soja pour lequel l’UE est déficitaire et qui est OGM de plus en plus.

Pertes financières importantes et durables ..

Par ailleurs à cause de ses ” qualités compétitives”, la moutarde (non-ogm) poussant dans les céréales de printemps peut déjà officiellement réduire le rendement du blé de 53 %, celui de l’avoine de 63 % et celui de l’orge de 69 %. Qu’en serait-il avec une moutarde super-mauvaise herbe qui non seulement résisterait au Roundup, mais qui pourrait aussi produire son propre pesticides (y compris dans le pollen ? comme dans le cas du pollen de maïs OGM).

Dans le cas d’une culture de colza contaminée, par exemple au canada :
Un agriculteur vendant du colza (nommé Canola en Amérique du Nord) pour l’alimentation humaine ou animale contaminées par de la moutarde, risque alors de voir chuter le prix d’achat de sa récolte.

La graine de colza est par exemple au canada classée No 1, 2, 3 ou Déclassé (Sample Reject), selon sa qualité d’ensemble et son degré de contamination par la moutarde sauvage.

La classe 1 est vendue par l’agriculteur au prix ” fixé par le marché ”
La classe 2 est vendue 12 % moins cher
La classe 3 est vendue 22 % moins cher (une contamination de 5 % suffit)
Pour la catégorie Déclassé, ajouter dévalorisation supplémentaire de -19 % .

Rappels : Dominique Voynet, ministre de l’Environnement avait ordonné une enquête après une dissémination non autorisée de colza transgénique en France. Une erreur révélée par Advanta Seeds, filiale du néerlandais Advanta contrôlé par le géant pharmaceutique AstraZeneca et la coopérative néerlandaise Cosun, ayant été à l’origine de la diffusion de graines de colza OGM mélangées (environ 1%) à des graines classiques (provenant probablement d’une récolte canadienne de 1998 – Le problème concernait au moins la Grande-Bretagne, France, Suède et Allemagne..

La ministre exigeait la localisation et destruction de ces parcelles, et que les agriculteurs soient indemnisés. 600 hectares (sur 1,2 million) auraient cette année là été cultivés en France avec ce mélange de graines contenant 1% de graines génétiquement modifiées. (et 9.000 ha en 1999, et 4.700 cette année en Grande-Bretagne, 400 en Allemagne et 500 en Suède).

Plusieurs récoltes ont eu lieu et ce colza OGM avait été intégré notamment dans de l’huile de colza.

Des colza OGM poussaient donc déjà ici et là par erreur il y a plus de 5 ans, avec le risque de transmettre leurs transgènes à des cousins sauvages ou à des plantes cultivés par des agriculteurs qui s’engagent à ne pas fournir de colza transgéniques. (interdit par les cahiers des charges de l’agricultures biologiques)

Le MATE (Ministère de l’aménagement du territoire et de l’environnement) souhaitait un renforcement des contrôles sur les importations de semences, et maintenir le veto de la France contre ” toute nouvelle autorisation d’OGM “. La Suède, comme la France, a décidé de prendre cette affaire ” avec le plus grand sérieux ” pour pouvoir garantir au consommateur des filières réellement sans OGM.

La loi autorise une faible portion de semences non conformes au cahier des charges dans les semences livrées, mais il existait un vide juridique concernant les OGM.

sources : AFP / http://terresacree.org/

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