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L’activité solaire a repris mais sans surmenage

Où en est le Soleil ? Sorti au printemps de cette année d’une torpeur anormalement longue (1), à la charnière des cycles 23 et 24, il a confirmé son réveil, mais n’a guère manifesté jusqu’ici d’activité débordante Les sunspots (taches solaires), témoins les plus éloquents de ce regain d’activité, sont apparus régulièrement à sa surface, sans se multiplier exagérément. Après deux années (2008 et 2009), dont plus de 70% de jours sans sunspots, 2010 affichait seulement 39 jours sans taches à la fin août, soit 16% du temps.

Les astrophysiciens se perdent en conjectures pour expliquer les caprices de notre étoile privilégiée et particulièrement du long repos qu’elle s’est octroyé en 2008 et 2009. À la Nasa, le Dr David Hathaway constate que «depuis le début de l’ère spatiale dans les années 1950, l’activité solaire a été généralement forte. Cinq des dix cycles solaires les plus intenses sont survenus dans le dernier demi-siècle. Nous ne sommes tout simplement pas habitués à un calme de ce genre».

L’expert américain ne peut expliquer la longueur de ce cycle 23, de 12 ans et 3 mois, alors que la durée d’un cycle moyen tourne autour de 11 ans. Cela a remis en question sa conception de la mécanique solaire, fondée sur les champs magnétiques produits par les gigantesques courants de plasma chaud qui agitent son énorme masse. Ils sont comparables, toutes proportionsgardées, aux courants océaniques qui redistribuent la chaleur stockée par les océans autour du globe terrestre. De nombreuses hypothèses fleurissent pour tenter d’expliquer la dynamique interne de notre étoile et ses effets sur notre climat.

À cet égard, on étudie toujours (notamment au CERN, à Genève) l’hypothèse
selon laquelle la réduction de l’activité solaire réduirait l’efficacité du bouclier magnétique qui freine l’irruption des rayons cosmiques dans le système solaire – donc aussi dans l’atmosphère terrestre. Cette intrusion de rayons exotiques pourrait induire une augmentation des formations nuageuses qui auraient elles-mêmes pour effet de freiner le rayonnement solaire et donc de refroidir le climat. D’autres chercheurs font intervenir les variations du rayonnement solaire ultraviolet, qui – découverte très récente – modulerait le volume et donc la densité de l’atmosphère. Quoi qu’il en soit, la seule certitude est que le Soleil est clairement entré dans son cycle 24 (2), après un minimum solaire dont le creux a été fixé (on ne peut le faire qu’a posteriori) en décembre 2008. Il est de coutume de laisser passer deux ans après ce minimum pour faire des prévisions sur le comportement futur du cycle, autrement dit sur l’activité solaire dans les années à venir.

Sans attendre la fin 2010, l’astrophysicien australien David Archibald prend la liberté de prédire que le maximum solaire (attendu normalement en 2013-2014) n’interviendra qu’en 2015 et que le nombre de sunspots (nombre de Wolf) sera limité à 50, un niveau très bas qui n’a été atteint que lors du minimum de Dalton, au début du 19e siècle. Cette période a été marquée par un temps frisquet, aggravé par l’éruption, en 1815, du volcan Tambora (Indonésie), cause principale de «l’année sans été»: en 1816, l’Europe et l’Amérique du Nord ont été ravagées par des gels tardifs, des mauvaises récoltes et des famines.

(1) Voir successivement Athéna n° 250 (pp. 405-407), 253 (pp. 8-9) et 259 (pp. 4-5)
(2) Pour suivre l’activité solaire en direct, voir le site http://www.spaceweather.com/ 

source : http://recherche-technologie.wallonie.be/

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