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La vie sur Mars a pu durer bien plus longtemps que prévu

De nouvelles analyses des données fournies par le rover martien Curiosity montrent que Mars était un lieu tempéré voici encore 3,1 milliards d’années, une époque où sur Terre la vie grouillait déjà.

On ne sait toujours pas s’il y a eu de la vie sur Mars. Mais de récentes analyses sur des données fournies par le robot-rover Curiosity pendant 3 ans et demi mènent à la conclusion, publiée dans la revue Science, que l’eau liquide et un climat plutôt tempéré auraient perduré sur la planète Rouge jusqu’à il y a environ 3,1 milliards d’années, bien plus longtemps qu’on ne le supposait jusqu’ici (3,6 milliards d’années).

Or ce laps de temps étendu recouvre une période où la Terre grouillait déjà de vie unicellulaire. Sachant que le climat et les conditions physiques de Mars (champ magnétique, atmosphère, mers, pluies) ressemblaient à l’époque à ceux de la Terre, la découverte favorise l’hypothèse que la vie a pu s’y développer.

L’ancien lac du cratère Gale

Curiosity s’est posé sur Mars le 6 août 2012, et pendant 3 ans et demi il a exploré de fond en comble le cratère Gale et la partie inférieure du Mont Sharp situé en son centre – avant de se lancer dans son ascension. Ce sont les données de cette exploration qui ont conduit les chercheurs à émettre aujourd’hui la nouvelle hypothèse iconoclaste.

Si en effet Mars est maintenant une terre aride, sèche, avec une atmosphère très ténue, sans champ magnétique et donc constamment bombardé de radiations létales (pour la vie) et particules très énergétiques du vent solaire, des traces de son ancien climat ont survécu gravées dans la roche et les sols.

Analyse des boues du lac

Concrètement, Curiosity a analysé la composition et l’état d’altération des roches et sédiments du fond du cratère Gale (dont on suppose que, jadis, il formait un lac) via ses instruments, dont un système laser capable de vaporiser la roche et une caméra (ChemCam) d’analyse chimique à distance.

Ainsi, l’étude fine des minéraux présents dans les anciennes boues du lac (aluminium, fer, magnétite, manganèse, etc.) a permis de retracer le profil chimique du lac au cours de son évolution.

Beaucoup de niches favorables à la vie

Ce profil montre que le lac a disposé de plusieurs types de “niches” favorables à une activité biologique : un milieu aqueux acide et oxydant en surface, un milieu basique et réducteur en profondeur, avec des concentrations en oxygène variant selon la niche. Ainsi, selon le geochimiste Joel Hurowitz, premier signataire de l’article, “ce lac a présenté un menu d’options pour la vie microbienne, si elle était présente.”

Mais présente ou pas, tout s’est aggravé avec le refroidissement progressif des entrailles de la planète, bien plus petite que la Terre, la solidification de son manteau faisant caler le “moteur” du champ magnétique (effet dynamo). Privé de celui-ci, Mars n’a plus pu se protéger du vent solaire. Son atmosphère et son eau (vapeur) ont peu à peu été éjectées et son sol a été grillé.

source : https://www.science-et-vie.com/

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