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La maison du futur ou l’art de vivre au naturel !

Un rêve ? Une utopie ? Peut-être pas !  Peut-être qu’un jour, après s’être lassés de nos blocs de béton grisonnants, exigus, uniformes, pas esthétiques pour un sou, et pour couronner le tout construits avec des matériaux synthétiques, gourmands en énergie et menaçant la faune et la flore…

Certains vivront dans des maisons taupinières, recouvertes de terre végétale et engazonnées se fondant dans le paysage… d’autres dans des maisons-tipi dont une baie vitrée captera l’énergie solaire… Non, non, elles ne sortent pas de mon imagination mais sont bien l’œuvre de Paul Leech, architecte et représentant irlandais du mouvement Gaïa.

Tout comme le mouvement Gaïa, l’architecture organique, l’architecture bioclimatique et la Baubiologie, sont différents courants architecturaux qui ont en commun de tirer parti à la fois de traditions ancestrales et d’une vision du futur. S’inspirant avec bon sens d’habitats parfois très anciens, l’architecture naturelle reflète l’esprit cosmopolite de notre fin de siècle et utilise de nouveaux matériaux, parfois à la pointe de la technologie.

L’idée commune de ces courants est que notre maison est une protection : c’est un peu notre “troisième peau”. Or un tissu dermique respire, il est une zone d’échanges entre l’extérieur et l’intérieur. La maison naturelle suit ce principe, déjà connu dans l’Antiquité.

Les matériaux de construction traditionnels (bois, argile,…) jouent le rôle de régulateur hygrothermique, aidant au maintien d’une humidité et d’une chaleur suffisantes dans la maison. Cela s’explique par le fait qu’ils sont poreux : l’air et l’humidité du dehors les traversent pendant que s’échappe de la maison l’air chaud vicié. Ce processus très lent est relayé par des aménagements destinés à faire circuler l’air, pour éviter aux habitants d’être enfermés dans une atmosphère confinée et malsaine. Ainsi, l’orientation de la maison, la disposition des pièces et la végétation font l’objet d’une attention toute particulière: des murs de plantes ou d’arbres peuvent, selon où ils sont placés, conserver la chaleur ou capter les vents frais. À l’intérieur de la maison, grâce à des conduits par lesquels s’échappe l’air chaud, l’aération peut se faire naturellement. A l’instar d’un bloc protecteur hermétique, la maison se laisse donc traverser et modifier imperceptiblement par son environnement naturel et s’y intègre d’autant plus harmonieusement.

Mais voici plus en détail les quatre courants architecturaux :

1. L’architecture organique

Frank Lloyd Wright, architecte américain et inventeur de « l’architecture organique » dont l’atmosphère crée un sentiment de sérénité et d’apaisement, s’est inspiré des vastes étendues de son enfance pour créer des espaces habitables ouverts et plus particulièrement sur la nature. Une de ses œuvres les plus célèbres, nommée Fallingwater (Pennsylvanie, 1935), est une maison de bois, de pierre et de béton, bâtie sur une cascade au milieu d’une forêt. Une terrasse est ouverte sur l’amont du fleuve, une autre sur l’aval. L’ensemble met en harmonie la végétation, l’eau, les pierres et la structure habitable. Connu du grand public, le “living room” ou la “pièce à vivre” ouverte qui a remplacé le salon fermé et, plus généralement, la recherche d’espaces ouverts à l’intérieur des maisons, est une de ses oeuvres.

2. L’architecture bioclimatique

Il s’agit d’une technique basée sur le “bon sens” des Anciens qui tenaient compte de l’environnement extérieur (relief, climat, exposition…) avant de concevoir une construction. L’adaptation de la maison à la météorologie et au rythme des saisons est au cœur des préoccupations de l’architecture bioclimatique née dans les années 60 aux Etats-Unis.

Les grands principes sont les suivants :

se protéger du soleil l’été et profiter de ses apports l’hiver
disposer au maximum les pièces à vivre au Sud (salon, cuisine, chambres)
mettre les ouvertures vitrées au Sud
choisir des matériaux de construction performants avec une bonne inertie
préférer des vitrages peu émissifs (super isolants)
assurer une bonne ventilation naturelle
L’architecture bioclimatique a établi un modèle de disposition des pièces par rapport au soleil. L’entrée de la maison est située à l’Est ou au Nord. Pour que les habitants se réveillent et prennent leur premier repas dans la lumière, les chambres sont à l’Est, ainsi que la cuisine et la salle de bains. Le salon, lui, est exposé au Sud pour être éclairé et chauffé jusqu’au soir.

Ce type d’architecture conçoit un habitat « souple » et intelligent puisant dans son environnement naturel l’essentiel des énergies nécessaires à son confort (chaleur du soleil pour le chauffage, climatisation naturelle en été, récupération des eaux de pluie…). Cette utilisation des éléments naturels (eau, végétation) pour réguler le climat d’une habitation se décline de différentes manières en cascades d’eau, en toitures végétales… Là encore, les interactions entre l’intérieur et l’extérieur sont privilégiées. D’autre part, le recours aux matériaux écologiques – qui présentent à la fois la charge la plus légère pour les équilibres planétaires et sont les plus sains pour les usagers, pour ceux qui les fabriquent et les mettent en œuvre, (bois de pays, fibres végétales, sous produits de l’agriculture locale, terre crue…etc.) – l’architecture bioclimatique prouve qu’elle peut construire des habitats de qualité à des coûts tout à fait comparables à ceux de la construction conventionnelle, et qu’en outre elle participe à la redynamisation des économies locales et à la revalorisation des savoir-faire des acteurs du bâtiment

3. La Baubiologie : la maison est un organisme vivant

Pour les adeptes de ce type de construction, autant l’équilibre de l’être humain au niveau mental, spirituel et physique que l’équilibre de l’environnement doivent être en accord avec la nature. La santé de l’individu repose en effet aussi bien sur son environnement social, culturel qu’économique.

Anton Schneider fonde l’Institute for Building Biology and Ecology en Allemagne en 1976, point de départ d’un courant appelé Baubiologie. Le maintien de cet équilibre assure la santé des habitants de la maison. À ses débuts, ce mouvement s’attache principalement aux perturbations de notre métabolisme (stress, allergies…) liées à un excès de radiations. Les baubiologistes évitent donc de bâtir des maisons près de champs électromagnétiques trop intenses : près des lignes à haute tension, près de roches très radioactives comme celles contenant du radon, sur des failles ou des cours d’eau souterrains qui amplifient les radiations électromagnétiques de la Terre ou sur des “nœuds” magnétiques néfastes pour la santé.

4. Le mouvement Gaïa

Partant du principe que l’équilibre de la Terre dépend de chacun de ses composants, la “maison Gaïa” se veut en harmonie avec l’environnement « pour être en harmonie avec la planète, pour la paix de l’âme, et pour la santé du corps ». Elle est construite en un lieu soumis à une radioactivité naturelle normale, économise les ressources naturelles et bannit les matériaux polluants. Chaque maison Gaïa est construite en fonction des ressources et du climat local. En Suède, par exemple, le groupe Gaïa a construit un modèle de maison de bois, dans laquelle un jardin d’hiver vitré permet d’isoler du bruit, de stocker la chaleur et de s’adonner au plaisir du jardinage

Gaïa Ecotecture

Un groupe d’architectes novateurs intéressés par une approche écologique globale de la construction, créèrent Gaïa Ecotecture en 1983. Le groupe possède actuellement un bureau à Oslo, en Norvège et un dans le sud de l’Irlande. Il fut pionnier dans la recherche d’une atmosphère saine à l’intérieur de l’habitat, ainsi que dans la construction à haute efficacité énergétique « respirante » (les réalisations « classiques » d’habitat à haute efficacité énergétique sont quant à elles, des « maisons thermos »).
Pour le mouvement Gaïa, la maison est un centre spirituel, l’endroit où nous sommes vraiment nous-mêmes. Une maison saine est un endroit d’échange harmonieux entre l’environnement et la personne. Elle doit être confortable et avoir des effets bénéfiques pour ses habitants à tout point de vue.

« Parce que la vie moderne devient toujours plus rapide et complexe, nos maisons doivent devenir de plus en plus des lieux de détente et d’épanouissement »
Terence Conran, designer

Liens :
http://www.aroots.org/
http://www.baubio.ch/
http://www.econovateur.com/
http://www.ecotecture.com/
http://www.thevillage.ie/

Lorraine Dufour

source : http://www.nicefuture.com/

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