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La France fait face, seule, au débarquement de la bactérie «tueuse d’oliviers»

La bactérie «tueuse d’oliviers» Xyllela Fastidiosa, dont le seul nom déclenche l’effroi depuis qu’elle attaque les arbres multiséculaires du sud de l’Italie, a été identifiée pour la première fois en France dans un plant de caféier intercepté au marché de Rungis.
Le ministère de l’Agriculture a indiqué, mercredi soir, que les plants avaient été saisis chez un revendeur du premier marché de gros européen, près de Paris. «Une enquête est en cours pour déterminer leur origine exacte», a indiqué le ministère français qui attend d’en savoir plus pour déterminer s’il y a lieu de prendre d’autres mesures sur d’autres végétaux sensibles qui auraient pu être exposés au risque de contamination.

La bactérie Xylella fastidiosa, qui est transmise et dispersée par des insectes, s’attaque à différentes espèces végétales (vigne, agrumes, prunus, café, avocat, luzerne, laurier rose, chêne, érable, etc) et les conduit au dépérissement. Il n’existe pas de méthode de lutte directe contre la bactérie. Une fois contaminés, seul l’arrachage total des végétaux permet d’éradiquer la maladie. « Conscient du risque » important d’introduction de ce danger sanitaire aux conséquences économiques très lourdes pour les filières végétales françaises comme les agrumes, la vigne et les oliviers, le ministre avait « sollicité des mesures européennes ».

Arrivée, en 2013, en Italie via le Costa Rica
La France est donc désormais, à ce jour, le seul Etat européen à avoir pris des mesures unilatérales de protection contre cette «bactérie tueuse», même si le Portugal ou l’Espagne y réfléchissent fortement. Des mesures parfois mal ressenties par ses voisins, alors que, selon l’Institut agronomique méditerranéen basé à Bari, celle que l’on surnomme Fastidiosa a débarqué, en 2013, en Italie via des plants de caféiers ornementaux en provenance du Costa Rica. Avant d’attaquer les milliers d’oliviers des Pouilles, l’une des premières régions productrices d’huile d’olive au monde.
Reste qu’avant même cette découverte de Rungis, (dont on ignore encore la date), Paris a interdit, le 2 avril 2015, l’introduction d’une centaine de végétaux en provenance «des zones délimitées au sein de l’Union européenne où Xylella Fastidiosa est présente». Mesure qui vise directement le foyer épidémique du sud de l’Italie. «Puisqu’aucun plan n’a encore été proposé au niveau européen, nous avons décidé de ne pas attendre et de prendre nos propres mesures nationales», se défend alors le ministère français de l’Agriculture.

La proximité de la Corse avec les côtes italiennes, région qui a relancé dans les années 80 sa production d’olives tombée en désuétude, et l’inquiétude du Languedoc-Roussillon, grande région fruiticole du sud de la France, ne sont pas non plus étrangères à la décision française alors qu’aucun traitement ne permet d’éradiquer la bactérie transmise par un insecte volant.

Le député européen José Bové et un ancien élu corse, François Alfonsi, sont montés au créneau, évoquant « une menace jamais vue sur l’ensemble du pourtour méditerranéen » pesant « à la fois sur notre culture et sur nos productions agricoles ».

«A minima il faudrait interdire l’importation des 300 espèces hôtes connues»
«La souche de Xylella présente en Italie provoque des symptômes et des dégâts très graves. Les oliviers français et d’autres espèces seraient sous le coup d’une menace grave si elle arrivait en France», juge Thierry Candresse, directeur de l’Unité Biologie du Fruit et Pathologie de l’Institut national de recherche agronomique (Inra) de Bordeaux, qui défend «la position logique de la France».
D’autant que certaines plantes hôtes de la bactérie peuvent être asymptomatiques, ce qui accroît le risque d’infection. «A minima il faudrait interdire l’importation des 300 espèces hôtes connues. Et encore cette mesure ne serait que partielle puisqu’elle ne prendrait pas en compte les espèces hôtes encore inconnues», conclut l’expert.

Un appel au boycott des produits français
En Italie, directement visée, le ministre italien de l’Agriculture Maurizio Martina s’est ému de l’attitude française la qualifiant de «totalement inopportune» et a estimé que le problème devait être traité par «l’Europe toute entière et de manière coordonnée».
En pleine campagne pour les élections régionales le 31 mai, un candidat de la droite proche de Forza Italia (le mouvement de Silvio Berlusconi), Francesco Schittulli, a même appelé sur sa page Facebook au boycott des produits français, «parfums, fromages, sacs ou vêtements ni rien produit en France», jugeant que cette «mesure unilatérale» contrevient à la «libre circulation des marchandises en Europe».

sources : http://www.20minutes.fr/ / http://www.terre-net.fr/
http://www.varmatin.com/

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