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En 2018, on cultivera des tomates dans l’espace

Pour assurer l’autonomie alimentaire des astronautes lors de futurs vols habités au (très) long cours, la Nasa expérimente des cultures en microgravité dans la Station spatiale internationale (ISS). Ce projet insolite nommmé « vegetable production system » assure la récolte de salades, de fleurs, et bientôt de tomates !

Légumes thermo-stabilisés en boite, viande lyophilisée et fruits séchés en dessert. Tel est le triste régime quotidien des astronautes de la Station spatiale internationale. De quoi avoir le blues des légumes frais de notre belle planète ! Archi onéreux et complexe, l’approvisionnement en nourriture est l’un des principaux freins à l’exploration spatiale. Et une fois livrées, les réserves prennent de la place et du poids… C’est pourquoi la NASA a eu l’idée de développer une « chambre de croissance » embarquée et modulaire baptisée Veggie (ou « végetable production system »). A peine plus grand qu’un four micro-onde, cet incubateur a été développé par la société Orbitec (Wisconsin), testé au centre spatial Kennedy en Floride. et expédié à l’ISS en avril 2014 par capsule Dragon (module de ravitaillement lancé par la société privée SpaceX).

Cultures par hydroponie
Ce jardin de l’espace se déploie comme un accordéon à mesure que poussent les légumes. Pendant une trentaine de jours, six plants de laitue romaine rouge ont poussé en culture hydroponique sous des LED rouges, bleues et vertes, dans des sacs de terreaux et d’engrais. L’incubateur Veggie dispose de systèmes automatisés pour l’aération, le chauffage, l’éclairage et l’irrigation. Libéré des opérations de binage et de désherbage, l’équipage se contente de prélever des échantillons pour contrôler le développement des micro-organismes. Premier enseignement de ces tests : l’apesanteur ne freine pas le développement des cultures, contrairement aux craintes de la NASA.

Pour éviter tout risque de contamination, les laitues ont été congelées et redescendues sur terre. Après une batterie de tests (salmonelle, levure, champignons…), elles ont été estimées comestibles. De nouveaux plants ont donc été cultivés… et mangés le 10 août dernier par l’équipage de l’avant-poste orbital ! L’astronaute américain Kjell Lindgren aurait trouvé son petit morceau de salade « génial », arrosé d’huile d’olive et de vinaigre. « Plus les humains s’éloigneront loin et longtemps de la Terre, plus ils devront être capables de faire pousser des plantes », souligne Gioia Massa, chargée du projet pour la NASA. Cette serre est donc essentielle aux astronautes pour se nourrir et recycler l’atmosphère de leur bulle. Les légumes ont aussi un impact bénéfique sur le moral des troupes et protégerait des radiations cosmiques grâce aux antioxydants. « Je pense que ce système de culture deviendra un élément important de tous les futurs voyages de longue durée dans l’espace », ajoute-t-elle.

La première fleur de l’espace
L’expérience s’est poursuivie fin 2015 avec des fleurs comestibles : des zinnias orange. « Les zinnias sont très différentes des laitues, affirme Trent Smith, l’un des managers du projet Veggie. Ces fleurs sont plus sensibles aux paramètres environnementaux et aux caractéristiques de la lumière ».

La première fleur spatiale a éclos en janvier dernier, sous l’œil ému de Scott Kelly (*) qui a immédiatement twitté la photo de sa petite protégée (« Oui, il y a d’autres formes de vie dans l’espace », légendait-il). Pourtant, ce n’était pas gagné… En décembre, des moisissures sont apparues sur certaines feuilles suite à un excès d’humidité : « Cette expérience nous a appris beaucoup sur les plantes, les fluides, ainsi que sur la manière de mieux procéder entre la terre et la station », positive tout de même le Dr. Gioia Massa. La culture des zinnias n’est donc qu’une première étape, car théoriquement, de nombreuses autres plantes pourraient être cultivées dans la station. Les premières tomates de l’espace sont prévues en 2018 !

Cette avancée scientifique est loin d’être anecdotique, y compris pour notre monde terrestre : à terme, Veggie pourrait permettre d’améliorer les serres urbaines et les structures agricoles utilisant de la lumière artificielle et le recyclage de l’humidité. Cette réussite est l’aboutissement d’une série d’expériences, menées aussi parallèlement par les Russes. Également bien placés dans la course au maraîchage spatial, les Chinois réfléchissent aussi à l’élevage d’insectes dans l’espace.

Et pourquoi pas des patates sur Mars ?
S’il est donc possible de faire pousser des légumes « indoor », pourrait-on cultiver sur les autres planètes du système solaire ? Une étude néerlandaise a déjà démontré que le sol de Mars est cultivable.

De son côté, la NASA a lancé des recherches avec le Centre international de la pomme de terre (CIP) pour identifier des variétés cultivables sur la planète rouge. Un scénario digne de la fiction du film Seul sur Mars avec Matt Damon ! A Lima (Pérou), une équipe de chercheurs a créé en janvier un espace avec les conditions atmosphériques, la température, la gravité, le sol et les niveaux de radiation comparables à ceux du sol martien. Dans la région d’Arequipa, le sol aurait des caractéristiques très similaires à celui prélevé sur Mars par la sonde Curiosity. Neuf variétés péruviennes sont testées, et les résultats seront connus au mois de mars. Vivement la baraque à frites de l’espace !

source : http://www.wikiagri.fr/

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