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Des hommes sur la lune en 2036, pourquoi pas

La star de demain, ce n’est pas Mars, mais la Lune. L’homme est presque assuré de retourner dans son orbite d’ici quelques années, voire de reposer le pied à sa surface.

Le 14 décembre 1972, les Américains Gene Cernan et Jack Schmitt quittent la Lune. Et ils ne sont jamais revenus. Ni eux, ni aucune autre puissance spatiale. La fin de leur mission marque aussi la fin du programme Apollo, dont ils représentaient la 17e mission. Lancé 12 ans plus tôt par le président John F. Kennedy, il a amplement rempli son objectif: démontrer la supériorité technologique des États-Unis sur l’URSS. Son prix exorbitant -près de 150 milliards de dollars actuels- ne le justifie plus, et le public s’en désintéresse.

La Lune est donc délaissée au profit d’une utilisation de l’espace plus “utile”: observation de la Terre, usages militaires, l’exploration du système solaire -sonde Voyager en 1977-, puis les différentes Station orbitale, de Saliout à Skylab en passant par Mir. Sans oublier la dernière en date, la Station spatiale internationale (ISS). Lancée en 2000, elle achèvera sa mission en s’abîmant dans un océan en 2024, 2028 grand maximum.

Et après? Faut-il maintenir une présence de spationaute dans l’espace? Si la question semble faire l’unanimité au sein des grandes agences nationales, de nombreux chercheurs dénoncent un coût élevé et un intérêt scientifique discutable.

“L’impact de l’ISS sur le public a beau être formidable, si vous comparez son utilité en termes de découvertes par rapport au télescope spatial Hubble… Il n’y a pas photo”, tranche Franck Montmessin, directeur de recherche au CNRS. Sans compter que les robots, comme Curiosity sur Mars, peuvent faire aussi bien que les humains. “Dans le domaine spatial, l’aventure reste plus humaine que scientifique”, abonde Martin Giard, directeur de recherche CNRS à l’Institut national des sciences de l’Univers. Et il faut croire qu’aller plus loin fait partie de la nature d’homo sapiens.

Deep Space Gateway, la station autour de la Lune
Or plus loin, c’est Mars. Y Poser un pied fait autant rêver les entrepreneurs privés, les astronautes que les politiques, surtout outre-Atlantique. “L’objectif américain demeure Mars, il n’y a aucune ambiguïté”, confirme Francis Rocard, astrophysicien et responsable du programme d’exploration du système solaire à l’agence spatiale française (CNES). Sauf que, même en démultipliant son budget déjà conséquent -16,636 milliards d’euros-, la Nasa ne pourra pas envoyer d’hommes sur la planète rouge avant 2036, voire 2055 selon les projections les plus raisonnables. Il faut se donner du temps pour développer les véhicules et technologies nécessaires et régler les problèmes liés au voyage: des radiations spatiales en passant par la gestion des déjections des astronautes.

L’Europe rêve d’une base sur la lune en 2030
Dans la même optique de coopération, la Nasa a ouvert son programme à la communauté internationale. Les agences spatiales européenne (ESA), japonaise et canadienne ont rapidement répondu à l’appel. Même les Russes ont signé, après avoir constaté qu’ils n’étaient plus capables de mener à bien leurs propres projets. “C’est triste pour eux, se désole Francis Rocard. Mais si vous regardez les trente dernières années, ils ont cumulé beaucoup d’échecs”.

En rejoignant Deep Space Gateway, les Russes pourront se réserver pour leur concept de base lunaire entièrement automatisée. Une vision largement partagée par l’ESA qui, depuis 2015 et l’arrivée de son nouveau directeur général, l’Allemand Johann-Dietrich Woerner, caresse l’idée d’un “village lunaire”. Construit par des robots puis éventuellement par des hommes, ce dernier servirait de base permanente durable auto-suffisante pour 10 personnes en 2030″, selon l’un de ses concepteurs le Français Bernard Foing, astrophysicien et directeur du Groupe de travail international d’exploration lunaire (ILEWG).

source : https://www.lexpress.fr/

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