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« BOB » observe les bulles pour surveiller la faille au sud d’Istanbul

La campagne océanographique MARMESONET, menée en mer de Marmara du 4 novembre au 14 décembre à bord du navire de l’Ifremer Le Suroît, codirigée par Louis Geli, chercheur à l’Ifremer et Pierre Henry, directeur de recherche au CNRS (CEREGE, CNRS-INSU), poursuit deux objectifs : déterminer s’il existe un lien entre la sismicité et les manifestations d’expulsion de fluides observées le long de la faille nord-anatolienne et réaliser, dans le cadre du réseau d’excellence ESONET , des études préalables à l’implantation d’observatoires sous-marins permanents destinés à la surveillance de l’activité sismique qui menace l’agglomération d’Istanbul, peuplée de plus de 12 millions d’habitants. C’est dans ce cadre que « BOB » (Bubbles OBservatory module), système de surveillance des sorties de bulles de gaz en fond de mer, sera déployé pour la première fois.

Etudier les relations entre sorties de fluides et sismicité en mer de Marmara Le long des failles actives, du gaz, principalement du méthane, s’échappe du sédiment. Sur ses 1600 km de longueur, la faille nord-anatolienne a déjà produit des séismes dévastateurs. Le segment de faille le plus dangereux aujourd’hui, le seul qui n’ait pas cassé depuis 1766, est situé au sud d’Istanbul, à moins de 20 km du rivage. Ce segment est le seul d’où ne s’échappent pas de bulles de gaz. Lors du prochain séisme, les gaz piégés dans le sédiment seront expulsés. Toute la question est de savoir s’il y aura une amorce de dégazage juste avant la rupture…

Suite aux séismes d’Izmit et Düzce en 1999, une coopération franco-turque animée par l’INSU a notamment permis la réalisation de six campagnes , menées sur des navires français (Ifremer et IPEV ), visant à mieux caractériser le risque sismique en mer de Marmara. La campagne MARMESONET repose sur les résultats de ces campagnes. Ce projet associe principalement l’Ifremer, le CEREGE (CNRS/INSU, Université Aix-Marseille III, Collège de France), l’INGV (Rome), l’ISMAR (CNR, Bologne), l’Istanbul Technical University et l’Institute of Marine Science and Technology (Dokuz Eyul University, Izmir).

Plusieurs actions seront menées dans le cadre de la campagne MARMESONET : détection des sorties de fluide et micro-bathymétrie des différents sites étudiés à l’aide d’un AUV (engin sous-marin autonome) de l’Ifremer équipé d’un sondeur CNRS-INSU ; imagerie fine des conduits empruntés par les fluides jusqu’à la surface des sédiments ; sur chaque site, enregistrement couplé de la micro-sismicité, des pressions interstitielles et des débits à l’interface eau/sédiment pendant un an. Le module d’observation fond de mer « BOB » sera également installé dans le bassin de Cinarcik pour la surveillance acoustique des sorties de bulles de gaz.

Dans quelles conditions, et suivant quels processus, pourrait-il y avoir des sorties de fluides ou de gaz avant un séisme ? Les observatoires sous-marins multidisciplinaires permanents permettront de répondre à cette question. Les observatoires fond de mer pour mieux connaître les océans Les observatoires fond de mer sont comparables à des laboratoires placés au fond des océans. Equipés d’un ensemble d’instruments de mesure, ils sont capables d’enregistrer différents types de données servant à comprendre les phénomènes océaniques. Placés sur les sites sensibles de la planète comme les zones de formation des eaux profondes, les zones sismiques ou hydrothermales, ces instruments pluridisciplinaires permettront de surveiller la mer en temps réel, d’évaluer ou prévenir les risques naturels (liés aux séismes, instabilités des pentes et tsunamis), d’assurer le suivi à long terme des évolutions climatiques et de l’impact des changements globaux sur le milieu marin, en particulier sur les écosystèmes et la biodiversité.

Source : http://www.insu.cnrs.fr/

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