Dernières Infos

Big Brother va envahir le monde

Grâce à 20 millions de caméras de surveillance installées en Chine, à l’intelligence artificielle et au big data, Pékin détient une énorme capacité à surveiller sa population. Ou à veiller sur elle, selon les interprétations. 

La Chine a construit le plus grand réseau de vidéosurveillance du monde, avec plus de 20 millions de caméras en fonction. Ce gigantesque système, dont l’existence a été mise en lumière le 23 septembre par la chaîne de télévision centrale CCTV dans son documentaire La Chine glorieuse, est baptisé “le réseau céleste chinois”. “Ce sont les yeux qui veillent sur la population”, relate non sans fierté Pengpai, média en ligne de Shanghai.

Dès le lendemain, une vidéo circule sur les réseaux sociaux, titrée “Bravo mon pays !”, et montrant à quel point ce système de surveillance est techniquement pointu. “Le système peut identifier en temps réel avec exactitude le type de voiture, l’habillement, le sexe et même l’âge d’un passant… Ces informations sur les passants s’affichent automatiquement à l’écran. Quand il s’agit d’un criminel recherché, l’alarme du système se déclenche en montrant les données le concernant sur l’écran”, détaille le journal de Hong Kong Apple Daily.

Surveiller les individus

Si le ton de la presse chinoise exprime la fierté de voir la Chine figurer à “l’Index sur la sécurité et le crime en 2016” comme “l’un des pays les plus sûrs du monde”, certains Chinois se montrent inquiets du niveau de surveillance des individus procuré par ce système.

“Les inquiétudes suscitées par ‘le réseau céleste’ ne sont pas sans motifs, car dans la vie quotidienne, pour maintenir la stabilité sociale, les autorités négligent en général la vie privée des citoyens”, commente sur la radio américaine VOA chinese Tian Qizhuang, écrivain sur le Web. “Actuellement, ces mesures visent notamment les ‘incidents de masse’ [les attroupements sur la voie publique] en réprimant les demandes légitimes des citoyens”, constate-t-il.

Les citoyens doivent être tout nus face au pouvoir, tandis que les hauts fonctionnaires n’ont même pas à déclarer leurs biens !”
Tel est le cri de colère d’un internaute chinois, que le journal hongkongais Ming Pao choisit de souligner. Il fait référence à une vieille revendication sur la transparence des biens des fonctionnaires, débattue sans effet depuis une quinzaine d’années.

source : http://www.courrierinternational.com/

(224)

Laissez un message