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Accident nucléaire au Kazakhstan

Que s’est-il passé, à la fin du mois de septembre, dans les régions sud de l’Oural ? Selon les autorités françaises de contrôle, il s’y est très vraisemblablement produit un accident nucléaire, dont la nature reste à ce jour mystérieuse, la Russie ayant démenti toute implication. Il aurait pourtant généré une très forte contamination, aux conséquences potentiellement graves pour les populations riveraines.

Au début d’octobre, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire français (IRSN) donnait l’alerte, en signalant la détection, par plusieurs réseaux européens de surveillance de la radioactivité dans l’atmosphère, d’un radionucléide artificiel, le ruthénium 106, à de très faibles niveaux.

Rejets très importants
A partir des données météorologiques de Météo France (sur les déplacements des masses d’air notamment) et des résultats des mesures des autres pays européens, mais d’où provient ce nuage ? “Le ruthénium 106 n’étant pas détecté dans l’air en temps normal, sa présence ne peut être liée qu’à un rejet non maîtrisé, poursuit l’ASN. À partir des conditions météorologiques fournies par Météo France et des résultats de mesure disponibles dans les pays européens, l’IRSN a réalisé des simulations afin de localiser la zone de rejet, d’évaluer la quantité de ruthénium rejetée ainsi que la période et la durée de rejet”. Résultat : l’origine la plus probable de ce rejet est le sud de l’Oural, “sans qu’il soit possible de donner davantage de précisions” précise l’ASN.

Quant à la quantité de ruthénium 106 relâchée dans l’atmosphère, elle est « très importante », entre 100 et 300 térabecquerels, un térabecquerel équivalant à mille milliards de becquerels. Des résultats confirmés par les simulations faites par les homologues étrangers de l’IRSN. Comme le souligne l’institut :

« Les conséquences d’un accident de cette ampleur en France auraient nécessité localement de mettre en œuvre des mesures de protection des populations sur un rayon de l’ordre de quelques kilomètres autour du lieu de rejet. »
Selon les normes européennes, ce niveau de radioactivité signifie aussi un dépassement des seuils maximaux de contamination des denrées alimentaires « sur des distances de l’ordre de quelques dizaines de kilomètres autour du point de rejet ».

Selon l’IRSN, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, aucun danger n’a pesé sur la santé humaine. Les traces ont maintenant disparu. Elles ont été mesurées entre le 27 septembre et le 13 octobre 2017 sur plusieurs stations de détection du sud-est de la France, à La Seyne-sur-Mer, Nice et Ajaccio. D’autres réseaux de surveillance européens ont opéré le même constat aux mêmes dates.

L’importation en France de denrées alimentaires en provenance de cette région éloignée est très improbable. La seule inquiétude sanitaire pourrait avoir trait à la consommation de champignons. Mais ici on a des cèpes, tout va bien, on se les garde et on n’a pas franchement besoin de champignons de l’Oural pour la farandole d’omelettes à venir.

sources : http://www.lemonde.fr/ / https://www.sciencesetavenir.fr/ / http://www.sudouest.fr/

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